Absent des étals depuis mardi 5 mars, le quotidien Tiɣremt reste toujours « suspendu d’impression », selon son directeur, le journaliste Fodil Mezali. Qui est derrière cette « suspension » d’un titre qui était à son cinquième numéro ? M. Mezali demeure pour l’instant prudent. Il affirme « ne vouloir mettre en cause aucune partie » jusqu’à de plus amples informations sur le sort de la publication. Toutefois, il se dit convaincu qu’il y a derrière l’obstacle à imprimer le journal des « groupes de pression » qui cherchent à entraver la promotion de la langue et de la culture amazighes en Algérie. Sinon, dit-il, il n’y a pas moyen rationnel d’expliquer qu’« on ne parvient pas tirer » le quotidien alors qu’il était en « phase de lancement ». Et d’ajouter que c’est probablement la transcription en caractères latins « qui semble déranger certains ».
D’après Fodil Mezali, les imprimeurs ont reçu des instructions pour ne pas tirer le journal. « On nous empêche de sortir le journal à cause du caractère latin », a-t-il déclaré à Reporters. Non sans s’étonner : « Toutes les publications en tamazight le sont actuellement en caractères latins, les documents officiels du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA) utilisent ce caractère.
Dans les universités et les établissements où la langue est enseignée, c’est ce caractère qui est utilisé, alors où réside le problème ? », s’interrogera-t-il.
Pour le directeur de publication, il n’y a aucune raison légale pour empêcher la sortie d’un journal en tamazight, reconnue langue nationale et officielle par la Constitution, dira-t-il. « Nous travaillons dans la légalité. Nous avons eu l’agrément nécessaire », ajoutera-t-il, non sans s’interroger : « Pourquoi ? Nous ne comprenons pas ce comportement, cette contradiction », dira-t-il encore en formulant l’espoir qu’une explication « sera fournie » au collectif du journal. En attendant, il est envisagé de poursuivre la diffusion du journal via le net en attendant des jours meilleurs. <