Chercher une onde de radio algérienne et se trouver sur une autre espagnole, ce phénomène parfois savoureux quand il s’agit de bonne musique ou de personnes qui maîtrisent l’espagnol, s’avère un casse-tête pour l’audiovisuel algérien et son bouquet radiophonique.

Sur les côtes ouest et centre en particulier, nos stations radio sont en effet souvent submergées par les sons de leurs consœurs ibériques et le problème est pris au sérieux par le gouvernent. Selon le ministre de la Communication, l’Algérie a déposé auprès de la partie espagnole «102 nouvelles plaintes durant les deux dernières années». M. Djamel Kaouane a expliqué que ces plaintes ont été déposées en raison du «brouillage radiophonique exercé contre les fréquences de la Radio algérienne le long du littoral algérien. Nous poursuivons nos efforts pour défendre les droits de notre pays».
«L’Administration espagnole a décidé de la fermeture de 5 nouvelles stations radiophoniques illégales, tandis que le reste des plaintes est en cours d’examen», a déclaré le ministre en réponse à des questions de parlementaires de l’APN. Le premier responsable du secteur a rappelé que l’Algérie avait déjà déposé auparavant «72 plaintes» auprès de l’Espagne sur le brouillage radiophonique, conformément à la législation internationale, ce qui a conduit à «la fermeture de 18 stations radiophoniques espagnoles illégales et la réduction de la puissance d’ondes de 17 autres stations violant la ligne de fréquence internationale».
En ce qui concerne le basculement vers le tout-numérique, une opération qui connait du retard, le ministre a assuré que «la stratégie de développement national pour la couverture audio-visuelle porte sur la transition progressive vers la diffusion du tout numérique». Il a fait savoir que le secteur de la communication, représenté par l’entreprise Télédiffusion d’Algérie (TDA), avait réussi à «introduire et à généraliser le premier réseau de Télévision numérique terrestre (TNT)», un investissement d’un coût de 50 millions de dollars. Ce réseau comprend 140 émetteurs assurant la couverture de 85% de la population à travers un bouquet de cinq chaines publiques télévisées, a ajouté le ministre prévoyant que ce réseau pourrait atteindre une couverture de 95% au minimum à l’horizon 2020. Il a assuré que le secteur «s’apprête à assurer la transition de la diffusion radiophonique FM à la diffusion numérique terrestre», ajoutant qu’une station radio d’essai pour la diffusion radiophonique numérique a été mise en service avec succès le 13 février 2018. Il estime que cette stratégie globale pour la transition vers «le tout numérique» constituait «une opportunité pour la diversification de l’économie nationale à travers la création de richesses et d’emplois, et contribue aussi à l’émergence d’un nouvel écosystème pour l’audio-visuel fondé sur les technologies de l’information et de la communication (TIC)».