PAR NAZIM B.
Le quotidien Liberté sera, pour la dernière fois, présent dans les kiosques en ce jeudi 14 avril, ultime jour d’un journal condamné à la disparition. Le titre ne sera plus là dès samedi. Il ne sera plus là pour célébrer, dans 15 jours, la Journée internationale de la liberté de la presse, fêtée le 3 mai de chaque année. Liberté ne fêtera pas non plus son propre anniversaire, dans moins de 70 jours, alors qu’il était attendu qu’il festoie, certes dans un contexte professionnel guère réjouissant, ses trente ans d’existence dans le champ médiatique. La disparition du journal, faut-il le rappeler, a été signée, il y a une semaine, lors de la réunion des actionnaires de la société éditrice du journal, Saec-Liberté, réunion provoquée suite à la décision du propriétaire majoritaire du titre, Issad Rebrab, de fermer le journal. Depuis l’annonce de cette sombre perspective de fermeture du journal, une onde de choc avait envahi la corporation de la presse nationale et des segments de la société qui ont exprimé leur dépit et leur colère pour ce qui adviendra du titre. Des intellectuels ont lancé un appel pour la sauvegarde de Liberté, le Parti des travailleurs (PT) s’est adressé directement à Rebrab, l’invitant à «reconsidérer» sa décision, sur les réseaux sociaux, les messages d’inquiétude et de désapprobation fusaient de tous les profils. Des messages qui n’ont pas pesé devant la détermination du patron de Cevital à faire disparaître le journal qui a été acteur et témoin de l’expérience algérienne de 1992 à 2022. «Il a juste suffi d’une décision sans justificatif pour que l’infanticide survienne. Contre toute attente (…) L’acte en lui-même laissera des traces indélébiles pour longtemps», est-il écrit dans un des derniers éditoriaux du journal. <