Le retour des médecins résidents au travail, après près de huit mois de grève, n’est pas aisé. Il s’effectue même difficilement selon les échos recueillis auprès de certains des concernés et après la décision d’organiser, à nouveau, des assemblés générales dans les centres hospitalo-universitaires du pays.

Ces nouvelles réunions ont été décidées, mercredi dernier, par leur collectif, le Camra, après avoir constaté que de nombreux médecins ont fait l’objet de «dépassements» après la reprise du service, le 24 juin dernier. Dans un communiqué, le Camra a précisé qu’il appelait ses adhérents à assister aux assemblées générales qui auront lieu ce lundi 2 juillet, à travers l’ensemble des facultés de médecine. Il explique que ces rassemblements interviennent après les «menaces et sanctions» qu’ont subies les médecins résidents, à la reprise de leur activité, de la part des chefs de service. D’après les échos recueillis, l’atmosphère dans les services ne serait pas au beau fixe et des dirigeants du Camra craignent une nouvelle dégradation du climat, susceptible de mener à de nouvelles actions de protestation. Le collectif, signale, également son inquiétude face au «mutisme incompréhensible des deux ministères». Les médecins résidents, indique-t-on de bonne source, souhaitent une réaction «conforme» à leur décision de mettre fin à leur longue grève en signe de «bonne foi» et de « respect de l’intérêt général».
Par réaction, le Camra attend la reprise des négociations avec la tutelle et, en particulier, avec le ministère de la Santé, dont le patron, le professeur Mokhtar Hasbellaoui, qui a promis l’ouverture de nouveaux canaux de discussions aussitôt la grève arrêtée. C’est fait depuis une semaine, mais le ministre semble prendre tout son temps à répondre au geste du Camra, qui joue sa survie après huit mois d’arrêt de travail sans résultat probant pour l’instant. Certes, la direction du collectif parle de «gel» et se réserve le droit de reprendre la protestation, mais les dégâts sont considérables. Nombreux sont ceux parmi les blouses blanches qui pensent que les acquis sont «très maigres» et pas «à la hauteur de huit mois de grève et de contestations».
La seule déclaration rassurante du gouvernement pour l’instant est signée du ministre de l’Enseignement supérieur. M. Tahar Hadjar a déclaré, en effet, que les médecins résidents seront pris en charge pédagogiquement et que son département fera de son mieux pour rattraper les cours par les comités spécialisés au niveau des facultés de médecine. Concernant les candidats au DEMS, le ministre a expliqué qu’ils ne posent aucun problème, parce qu’ils ont terminé leurs études. Par conséquent, ces derniers peuvent passer leur examen normalement. Il a réaffirmé que les portes leur sont ouvertes. Par ailleurs, et à un autre niveau, le ministre de l’Enseignement supérieur a indiqué, jeudi dernier, que l’application de nouveaux programmes pour les premières et deuxièmes années en sciences médicales se fera graduellement durant la prochaine rentrée universitaire 2018/2019.
Selon le ministre, qui s’exprimait devant les députés de l’APN, les commissions chargées depuis une année de préparer l’opération ont finalisé les démarches nécessaires en mai dernier. L’opération a été préparée en coordination avec le ministère de la Santé et les parties concernées, notamment les commissions pédagogiques chargées de la formation au niveau régional et national, avec la contribution effective d’experts étrangers spécialisés. M. Hadjar a fait savoir que la spécialité médicale pour la prise en charge des personnes âgées au niveau des facultés de médecine, était ouverte à Oran, alors que son ouverture à Alger est prévue prochainement, en attendant sa généralisation à d’autres universités. A condition que les services hospitalo-universitaires soient aménagés avec la mise en place des moyens nécessaires. n