PAR NAZIM B.
Le coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS), Fethi Ghares, a été maintenu en détention provisoire après que la chambre d’accusation près la Cour d’Alger ait refusé la demande de libération provisoire.
Arrêté à son domicile, à l’est de la capitale, pour être ensuite placé sous mandat de dépôt le 1er juillet 2021 par le tribunal de Baïnem, le chef du MDS s’est vu déjà refuser la liberté provisoire alors que son collectif d’avocats a indiqué, la veille de ce second refus, que «le dossier de Ghares n’a pas été encore instruit par la justice». Pour ses avocats, il s’agit ainsi d’une «preuve que cette affaire ne repose sur aucun fondement juridique».
Fethi Ghares est poursuivi pour «atteinte à la personne du président de la République, outrage à corps constitué, diffusion au public de publications pouvant porter atteinte à l’intérêt national, diffusion d’informations pouvant porter atteinte à l’unité nationale, diffusion d’informations pouvant porter atteinte à l’ordre public».
Lors d’une conférence de presse tenue avant-hier, les avocats Mustapha Bouchachi, Abdallah Haboul et Saïd Zahi ont mis en évidence «les anomalies» qui marquent le traitement du dossier de Fethi Ghares. «Ce n’est ni moral ni éthique de voir les juges mettre un militant politique en prison pour ensuite prendre congé et de n’enclencher aucune procédure. Le message est clair avec son maintien en prison durant toute cette période, dire aux partis politiques, aux syndicats et aux militants pour les droits de l’Homme que nul n’échappe à la répression», s’est indigné Maître Bouchachi. Pour ce dernier, le chef du MDS «présente toutes les garanties pour une liberté provisoire». Maître Saïd Zahi a expliqué, de son côté, que «les articles 34, 35 et 58 de la nouvelle Constitution garantissent la liberté d’expression et l’activité politique». Quant à Me Haboul, il a estimé que «l’emprisonnement d’un chef de parti politique est une démarche qui pourrait mener vers la remise en cause du multipartisme et de la pratique politique». <