Youssef Djebbari, président de la SSPA/MC Oran, s’est voulu un peu trop optimiste pour qualifier Adlène Guedioura et acter son arrivée surprenante au club. Mais deux faits importants ont fait capoter la signature de l’international algérien qui s’était pourtant mis d’accord sur tous les aspects.

Par Mohamed Touileb
Finalement, Guedioura ne portera pas le maillot des « Hamrawa ». Le contexte financier et les tensions au sein du club ont engendré l’avortement du transfert. En effet, le club Oranais ne connaît pas la stabilité requise pour pouvoir enregistrer une arrivée sans que cela ne cause de dégâts et des remous.

Un salaire qui dérange
D’autant plus que le concerné devait toucher de sacrés émoluments (la mensualité de 20.000 euros a été évoquée sans pour autant être confirmée). Et cela ne pouvait pas réjouir le restant de l’effectif qui n’a pas perçu de nombreux salaires depuis l’entame de la saison. C’est pourquoi les camarades de Sofiane Guenina ont décidé de boycotter les entraînements mardi en guise de protestation.
Dès lors, il fallait comprendre que la nouvelle recrue potentielle ne serait pas la bienvenue. La tendance était que le vestiaire n’accueille pas Guedioura à bras ouvert et avec un large sourire car il bénéficie d’un traitement de faveur de l’employeur. Chose qui est tout à fait compréhensible dans un contexte pareil.
En outre, un autre problème se posait. Et il est toujours lié à la trésorerie. Le Mouloudia cumule un découvert de 21 milliards de centimes. Soit 20 de plus que le seuil maximal pour ne pas tomber sous le coup d’interdiction de recrutement appliqués sur les équipes qui ont une dette salariale à hauteur de 10 millions de dinars. Ainsi, la Fédération algérienne de football (FAF) et la Ligue de football professionnel (LFP) ne voulaient pas déroger à cette règle et valider ce transfert.

L’EN s’éloigne
La somme de ces deux éléments n’a pu que dissuader l’ancien sociétaire de Sheffield United de poser ses voiles sur la côte Ouest du pays. Le problème est que le champion d’Afrique 2019 arrivait sur un terrain miné dès le départ.
Et la tournure qu’ont prise les choses a confirmé ce qu’on a souligné dans la livraison de mardi dernier qui traitait la confusion qui entourait son recrutement.
Il faut savoir qu’excepté le championnat Dz, le gendre de Nacer Guedioura, ancien attaquant de l’USM Alger, ne pouvait pas signer ailleurs. C’était une manœuvre d’urgence pour espérer jouer des matchs avant la prochaine sortie prévue en mars prochain de l’équipe nationale. Le milieu défensif n’a plus été appelé chez les Verts depuis juin dernier en amical contre la Tunisie. Une dernière apparition qui l’a vu être expulsé.
Par la suite, il a signé, à la surprise générale en Championship (D2 anglaise) après la fin de son bail avec Al Gharafa SC (Qatar). Mais son aventure anglaise était d’une courte durée puisque les deux parties ont décidé de se séparer à l’amiable après le départ de l’entraîneur Slavisa Jokanovic qui l’avait connu au Qatar et a insisté pour le faire venir chez les «Blades». À 36 ans, Guedioura vit une fin de carrière tumultueuse. Pas sûr qu’on le reverra avec la tunique de l’Algérie.