Nabil Neghiz, officiellement nouvel entraîneur du MC Alger, ne l’est pas encore administrativement au niveau de la Fédération algérienne de football (FAF). En effet, l’ancien adjoint de Christian Gourcuff en équipe nationale attend toujours sa licence définitive pour exercer. Il avait, récemment, bénéficié d’une dérogation, qui a expiré, pour les deux rencontres face à l’USM Alger et le MC Oran. Désormais, seule la résiliation du contrat avec son prédécesseur, Bernard Casoni, qui réclame un dédommagement pour résilier son contrat, lui permettra de s’asseoir sur le banc en jour de match.

Le casse-tête administratif-financier perdure pour Abdenacer Almas, P-DG de la SSPA/MC Alger. En effet, en arrivant à la tête du board mouloudéen il a hérité d’un véritable dossier empoisonné. Il s’agit de celui de Bernard Casoni qui a été licencié par Foued Sakhri, ancien manager du club auquel la Sonatrach, actionnaire majoritaire de la Société sportive par actions, avait décidé de mettre fin aux fonctions. Sakhri avait envoyé au chômage, d’une manière unilatérale et après 6 mois d’exercice sur les 24 stipulés dans le contrat signé entre les deux parties, le coach des «Vert et Rouge».
Il faut comprendre que le technicien français n’a pas digéré la manière dont l’ancien directoire l’avait traité. Il a donc décidé de saisir la FIFA pour être payé jusqu’au dernier sou. Lui qui avait déjà 4 salaires impayés avant ce fâcheux épisode.

Virement de 100.000 euros
Ces arriérés, la nouvelle direction les lui a payés avec un montant de 100.000 euros comme l’a révélé Almas au quotidien El Watan : « j’ai eu Casoni au téléphone après avoir effectué son virement, et il m’a même remercié personnellement d’avoir réglé ce problème d’argent et honoré nos engagements. C’est désormais donc à lui d’honorer son engagement, car pour nous, il n’y a plus d’affaire Casoni et il est tenu de résilier son contrat.»
Litige clos ? Pas vraiment puisque Casoni veut la totalité de honoraires des 2 années de bail qu’il a paraphé l’été dernier. Et ce, bien qu’Almas ait estimé que « pour nous, le dossier Casoni est clos. On ne doit plus rien au technicien. On a fait le nécessaire pour tenir nos engagements concernant ses salaires impayés. Casoni a touché son argent et c’est désormais à lui de faire pareil, en résiliant son bail.»

Le levier de justice
Titulaire d’un contrat en béton, celui qui a coaché le FC Lorient parmi l’élite française était sujet à un éventuel retour aux commandes techniques fin janvier dernier. Une hypothèse qu’il n’avait pas écartée en déclarant : « je n’ai jamais refusé un retour au Mouloudia. Effectivement, les dirigeants m’ont appelé pour en discuter, mais je leur ai demandé de me régler mes quatre mois de salaire, pour ensuite avancer dans ce dossier.» La précision est de taille. « Avancer dans le dossier » signifiait retourner à son poste et non pas s’en aller pour de bon. Entretemps, Neghiz a été désigné comme nouveau driver. A partir de là, la donne a changé. Toutefois, pour que ce dernier puisse obtenir une autorisation d’exercer, il faut que Casoni signe la résiliation. Ce qui ferme, de manière définitive, la porte à sa réintégration. Le Frenchy le sait. Il est protégé par la loi et il veut faire valoir ses droits et tirer le maximum de cette situation. Le levier à la main, il reste décideur du volet technique au « Doyen » de manière indirecte. Il peut, à lui seul, plomber le club ou le libérer du boulet.