En Algérie, il en faut peu pour que la contestation gagne en virulence. Il suffit de deux ou trois contreperformances pour que le changement devienne une exigence. Et pour montrer le mécontentement, le recours principal reste la violence. Hier, certains «supporters» du MC Alger ont fait savoir à la SONATRACH, actionnaire majoritaire du club, qu’ils ne voulaient plus de l’entreprise étatique à la tête du Mouloudia… en saccageant le siège de la Direction générale à Hydra.

L’ambiance est de plus en plus tendue. Cela se ressentait déjà sur les réseaux sociaux avec des propos colériques sur les différentes pages fans du «Doyen». Les plateformes numériques sont devenues une arme dangereuse pour l’incitation à la violence. Aujourd’hui, il est facile d’organiser des «sit-in» susceptibles de déraper à tout moment.

Imitation des incidents à Marseille
C’est ce qui s’est passé hier avec certains jeunes qui se disent «supporters du Mouloudia». Ces derniers n’ont pas trouvé d’autres manières de montrer leur mécontentement par rapport aux derniers résultats de l’équipe que de faire une intrusion par la force au siège de l’entreprise étatique sis dans la banlieue d’Alger. Fort heureusement, il n’y a eu que des dégâts matériels sachant que la façade en plexiglas a été caillassée. Aussi, l’entrée du bâtiment a été forcée avant l’intervention des agents de l’ordre qui ont dispersé la foule.
Certains «manifestants» avaient des engins pyrotechniques à la main lors de l’assaut. Des images venues rappeler ce qui s’est passé samedi dernier à la Commanderie (centre d’entraînements de l’Olympique Marseille) qui a été investi par des Ultras mécontents. Cela a, certainement, excité le voyoutisme de ces jeunes algériens facilement manipulables. En France, parmi les fauteurs de troubles à Marseille, il y a eu de nombreuses arrestations. Il y a même eu une comparution immédiate pour un jeune. Ce qui montre le sérieux avec lequel ce phénomène est combattu.

Coup spontané ou orchestré ?
En parlant d’orchestration, il n’est pas exclu que ces évènements aient pour instigateurs d’autres personnes de l’entourage du MCA qui sont connues pour leur hostilités à l’actuelle équipe dirigeante pilotée par le très contesté Abdenacer Almas dont la tête est -à priori- réclamée. Le timing de ce nouveau fâcheux épisode de la balle ronde algérienne peut susciter la stupéfaction. On parle d’un club qui est toujours en lice dans la Ligue des Champions CAF dont la phase de poule débutera le 12 du mois en cours.
Aussi, les «Vert et Rouge» sont 4es de la Ligue 1 à 5 points de l’ES Sétif, leader (24 unités), qui compte un match de plus. C’est pour dire que les Algérois peuvent virtuellement revenir à 2 longueurs en cas de succès en mise à jour et qu’ils sont dans le coup pour jouer le titre. Le fait d’avoir enregistré un seul succès sur les 5 dernières sorties en championnat ne peut pas suffire pour «légitmier» cette colère démesurée et fortement condamnable.
Cette poussée de violence soudaine s’explique dans le fait que les inconditionnels ne peuvent, mesures sanitaires et instauration du huis clos oblige, pas assister aux rencontres des poulains de Nabil Neghiz. Ainsi, au lieu de refouler leur mécontentement dans les gradins, comme cela se fait habituellement, les pseudos supporters se retrouvent à se défouler sur des biens de l’Etat et en public. La gangrène de la violence se propage dangereusement.