C’est un épisode dont on s’en serait volontiers passé. La scène se passe de tout commentaire mais exprime bien des maux.

Un joueur et un entraîneur (Mokdad et Mouassa dans l’ordre), de la même équipe (MC Alger), qui se bagarrent ! Non, ce n’est pas un match de district mais une rencontre officielle dans une compétition continentale (Coupe de la Confédération CAF). Dimanche, ce n’était pas par le résultat que le Mouloudia s’est fait remarquer. C’était plutôt le combat de boxe qui a volé la vedette à la rencontre de foot. Un fait très condamnable qui reflète l’indiscipline étouffée qui règne dans notre football-circus.

Un changement, des insultes proférées à l’encontre du coach et la situation qui dégénère. La prise de bec puis on en vient aux mains. Les nerfs de la rencontre, le manque de respect du joueur envers celui qui l’encadre, il n’en fallait pas plus pour faire sortir Mouassa de ses gonds. « C’est inconcevable ce qu’a fait Mokdad, il veut faire la loi et avec moi ça ne fonctionne pas comme ça, et personne ne peut faire la loi avec Mouassa. Il était loin du compte sur le terrain, comme mort sans donner le plus que je voulais. Ensuite, il a refusé de sortir et en plus, il m’a insulté, et croyez-moi je ne veux plus le voir dans mon équipe ce joueur. Je ne vais pas parler à chaud de ce qu’on va lui faire, on verra après», assurait le premier responsable de la barre technique du Doyen après la défaite 2 buts à 1 contre les Ghanéens de Bechem United pour le compte du tour préliminaire de la Coupe de la Confédération CAF. Certains penseraient que le successeur de Djamel Menad aurait, toutefois, dû faire preuve de plus de sang froid en attendant que la partie soit terminée afin de dresser un rapport pour que le « rebelle » soit traduit en conseil de discipline et que la structure tranche sur la sanction et son avenir. Si la réaction de Mouassa est, elle aussi, quelque peu déplorable, il n’en demeure pas moins qu’elle ouvre les yeux sur la vérité de notre balle ronde. Si les choses s’étaient passées autrement, l’affaire aurait été, fort probablement, étouffée et le rapport placardisé. Dans tout ça, c’est la crédibilité et la rigueur disciplinaire du driver auprès de ses ouailles qui auraient pris un sérieux coup.

Le mea-culpa ne passera pas…
L’incident a relégué la contreperformance au second plan. Et puis, pourquoi parler du sport quand certains qui le pratiquent n’ont rien à voir, ni de près ni de loin, avec sa déontologie? Le comportement d’Abdelmalek Mokdad incarne, à lui seul, la mentalité de beaucoup de pousseurs de ballons ici. Des unijambistes pourris-gâtés, surpayés qui se croient intouchables et se permettent toutes les incartades. Le pire dans tout ça, c’est que le comportement exemplaire n’est pas le fort du milieu de terrain qui a toujours fait des siennes presque partout où il était passé. Le pire dans tout ça, c’est que même en CFA en France (FC Les Lilas et l’US Créteil-Lusitanos), là où il évoluait avant de venir faire l’étalage de son insolence (pas footballistique malheureusement) ici en Algérie, il ne se serait certainement pas permis pareille attitude. Chez le club le plus populaire du pays, qui n’a pas hésité à le réengager dans ses rangs en juin 2015 après s’être égaré chez le RC Arbaâ et un bref passage par la JS Kabylie où il a connu quelques problèmes aussi, il a fait contorsion à la règle. Après avoir littéralement pété les câbles, le natif d’Aïn El Hadjar a cru pouvoir s’en sortir avec l’habituel mea-culpa. «En toute franchise, j’ai fauté envers l’entraineur et l’équipe en général, je leur demande pardon surtout au coach, aux dirigeants aux joueurs et aux supporters, ainsi que les diplomates qui étaient présents au stade. Je ne sais pas ce qui m’est arrivé. Vous allez me dire que j’ai écorché l’image de l’Algérie, moi je dis qu’il n’y a pas d’être humain qui ne faute pas, et je ne trouve pas d’explication à ce que j’ai fait. Je le reconnais, j’ai fauté et il n’y a pas d’explications à cela Inch’Allah tout le monde va accepter mes excuses », trop plat pour un joueur avec un embonpoint qui l’a fait basculer du côté obscure.

 

L’image de l’Algérie ternie
L’incident est très grave. L’ambassadeur de l’Algérie à Accra, Youcef Delliliech, présent dans la tribune officielle pour assister à ce qui devait être une rencontre de football, était consterné par les tournures qu’avait pris ce qui devait être un simple remplacement à la 60e minute (On ne veut même pas imaginer si Mouassa avait fait sortir son (désormais ex) poulain au bout de 20 ou 30 minutes de jeu comme ce fut le cas de Cabella dimanche soir avec l’Olympique Marseille). « Ecoutez, avec ce qui s’est passé, l’image de notre pays a pris un sérieux coup. C’est inadmissible et cela n’honore pas un club comme le MCA, c’est une honte !» condamne-t-il. Le président du MCA, Omar Ghrib, abonde dans le même sens. «Je suis vraiment déçu de l’attitude du joueur qui est vraiment grave, il n’avait même pas le droit de contester la décision de l’entraîneur. Mokdad sera tout simplement renvoyé, car personne n’a le droit de ternir l’image du Mouloudia et de l’Algérie. Je ne le permettrai jamais. Le joueur payera donc pour sa faute», promet-il. Le chairman avait insisté pour que le milieu de terrain revienne chez les «Vert et Rouge». On ne peut pas dire qu’il y a eu tromperie sur la marchandise. On sait juste que la pomme pourrie infecte inéluctablement les autres qui l’entourent. A quel degré est la contamination et qui pour l’endiguer ? C’est un autre débat…