Avis de tempête sur le courrier postal, de moins en moins acheminé à son destinataire ! Et c’est la Direction d’Algérie Poste qui l’admet et le fait savoir aux premiers concernés : les chefs d’établissement et chefs de centre de dépôt et de distribution.

Dans une note de service, datée du 17 avril dernier et signée par la Division courrier et colis d’Algérie Poste, il leur est directement et clairement reproché un «relâchement manifeste» qui déteint sur leur principale attribution, le contrôle de la bonne application des procédures réglementant la distribution postale. Résultat, «une mauvaise qualité de service, et ce, en dépit des efforts importants consentis par Algérie Poste pour relancer le compartiment courrier», ce que la Direction trouve «regrettable», pour reprendre ses termes. «Il est à déplorer le manque d’implication des chefs d’établissement et chefs de centre de dépôt et de distribution, lié au suivi et au contrôle des tournées de distributions effectués par les facteurs», est-il écrit dans la note de la Division courrier et colis d’Algérie Poste.
Et de rappeler leurs manquements à ses personnels : «Il a été observé que certains préposés ne procèdent pas à la totalité de la distribution des envois qui leur sont confiés ou que les objets recommandés ne font plus l’objet d’une tentative de remise à domicile et donnent lieu purement et simplement à l’établissement systématique d’un avis d’arrivée.»
Pour s’en convaincre, il suffit de se tourner vers le dernier bilan disponible du secteur postal et télécoms de l’Autorité de régulation de la poste  et des télécommunications (ARPT) pour 2016, qui relève une baisse des objets postaux traités, et donc livrés : courrier ordinaire, courrier recommandé, envois avec valeur déclarée, plis de service, plis en franchise postale, colis postaux, paquets postaux… le tout a connu une chute de 12,3%.
En 2016, 215 millions d’objets ont été traités, contre 245 millions d’objets un an plus tôt. Algérie Poste, dans sa note, en appelle alors à l’ensemble des établissements distributeurs et CDD, relevant de l’autorité de chaque chef d’établissement, à «la stricte application des contrôles suivants : à l’intérieur des bureaux et CDD, sur les travaux préparatoires à la distribution et en particulier le contrôle des heures de prise de service et celui des heures de sortie; à la sortie des préposés, en s’assurant du port de la tenue réglementaire et en vérifiant que tous les casiers de tri sont vides et qu’aucun reste n’est enregistré; dans le cas contraire, le facteur est sommé de fournir des explications; à la rentrée des préposés, par le chef d’établissement ou son délégué, qui doivent porter particulièrement sur la fouille des sacoches, afin de vérifier si le courrier est entièrement distribué; l’examen minutieux des acquis du carnet 759 et des titres de mandats payés»…
Et de conclure en invitant ses personnels à veiller à la rigoureuse application de ces dispositions à travers l’ensemble des structures opérationnelles concernées, en multipliant les missions de contrôle et de vérification et en appliquant des mesures coercitives à l’encontre des personnels jugés défaillants. Il y va de l’image de marque de l’entreprise et de la sauvegarde de la mission de service public d’Algérie Poste.