Les grands perdants des élections locales sont unanimes : ce n’est pas de leur faute, c’est la faute au pouvoir ! Le MSP, le PT et Talaie El Hourriet ont ressorti le vieux refrain qui, tout en refusant d’admettre la défaite et d’en tirer les leçons pour les échéances à venir, fustigent le pouvoir accusé de tous les torts.

Tour à tour, les leaders de ces partis sont montés au créneau pour crier à la fraude et accuser le pouvoir de privilégier ses alliés. Seulement, en avançant la thèse des quotas que le pouvoir suivrait, ces partis, notamment le PT et le MSP, avouent implicitement qu’ils en ont bénéficié par le passé et que, cette fois-ci, le tour serait à d’autres.
Louisa Hanoune se tire une balle dans le pied, en accusant le pouvoir de privilégier ses alliés, anciens et nouveaux et surtout les « alliés cachés », allusion au front El Moustakbal qui a créé la surprise lors des locales.
Pour Louisa Hanoune, sa déconfiture électorale ne serait qu’une « sanction » du pouvoir contre le parti, en raison, avance-t-elle, de ses positions contre certains projets du gouvernement.
Le MSP, pour sa part, ne veut pas tirer les leçons de sa dégringolade et préfère jeter la balle dans le camp du pouvoir et de ses alliés. Il est trop facile d’accuser le pouvoir, mais à force d’utiliser ce refrain, cela devient peu convaincant, voir barbant. En revanche, le parti ne pipe mot sur la faiblesse de sa représentativité, du moins en termes de nombres de candidats, encore moins sur l’échec de son alliance avec une partie de l’opposition, dans leur tentative d’imposer le changement.
Que dire, alors, de Talaie El Hourriet ? Le parti d’Ali Benflis n’a obtenu que cinq APC, se classant bon dernier lors de ces élections. C’est le pire résultat obtenu par cette formation, qui avait boudé les législatives, mais dont le leader avait obtenu un score peu enviable lors de la présidentielle de 2014. Mais rien n’empêche cette formation d’accuser, encore et toujours, le pouvoir de tous les maux.
Il ne s’agit pas, là, d’octroyer un chèque en blanc au pouvoir, ni de le laver de tout soupçon, mais force est de reconnaître que les formations politiques ont cette fâcheuse habitude de tout mettre sur le dos du pouvoir et qui commence à montrer toutes ses limites.
Quand on a du mal à présenter des listes de candidatures dans l’ensemble du territoire national, on ne peut pas accuser le pouvoir, mais on doit, au contraire, reconnaître qu’on n’a pas réussi à élargir les bases du parti. Lorsqu’on voit les difficultés rencontrées par certains partis de l’opposition à confectionner quelques listes électorales, on comprend mieux leur incapacité à mobiliser et les retards accumulés dans l’élargissement de leur base.
Faut-il s’étonner du fait que ce soit le FLN et le RND qui remportent, haut la main, cette élection, laissant loin, très loin, le reste de partis ? Non, puisque ce sont les seules formations à avoir présenté des listes de candidatures à travers tout le territoire national. Ce sont les seules formations à disposer de bases partisanes à travers tout le pays.
Et c’est normal que ces deux formations se disputent âprement le leadership et ne se font aucun cadeau. Le reste, tout le reste de la classe politique, se contente de miettes.