Les marchés des matières premières résistent mal à la pandémie du nouveau coronavirus et voient leurs cours mis sous pression, oscillant entre l’alerte à la baisse et le retour à une stabilité toute relative, quand on se rappelle les pertes considérables enregistrées durant la semaine écoulée.
Cela est particulièrement vrai pour le pétrole dont les prix ont terminé la semaine, vendredi, sur une note d’optimisme relatif après connu une semaine noire, la plus spectaculaire depuis la crise financière de 2008, marquée par un recul drastique de la demande en Brut et la guerre des prix ouverte par les Russes et les Saoudiens. Et que l’Algérie, présidente en exerce des pays de l’Opep, tente d’apaiser en multipliant les contacts avec les pays concernés attendant de les réunir le 18 mars prochain – pour l’heure compromis – dans le cadre des concertations dites de l’Opep élargie. Vendredi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai prochain s’est apprécié sur le marché de Londres de 1,9%, ou 63 cents, pour finir à 33,85 dollars. A New York, le baril de référence WTI pour avril a gagné 0,7%, ou 23 cents, pour clôturer à 31,73 dollars. Mais le baril de Brent a perdu sur l’ensemble de la semaine 25,2% quant à celui de WTI, il a lâché 23%. Depuis le pic atteint il y a un peu plus de deux mois, les cours ont perdu plus de la moitié de leur valeur avec un plongeon d’environ 25% ; une chute jamais vue depuis la guerre du Golfe en 1991. Pour les produits agricoles et les céréales, les cours du maïs et du blé cotés sur le marché de Chicago se sont stabilisés vendredi tandis que ceux du soja ont encore glissé dans un marché surtout guidé par l’humeur du reste des marchés financiers. « Normalement, les discussions sur le marché agricole à cette époque de l’année tournent autour de la météo et des semis », remarque pour les agences de presse l’analyste Dewey Strickler. « Mais ce n’est vraiment pas le cas cette année dans la mesure où les marchés financiers sont dans un état de panique qui affecte les produits agricoles », ajoute-t-il. Les cours du soja sont encore un peu plus affectés par les moissons en cours en Amérique du Sud, où elles s’annoncent particulièrement abondantes. « Les acteurs du marché redoutent que les termes de l’accord commercial de phase 1 » conclu entre les Etats-Unis et la Chine mi-janvier « doivent être révisés si la Chine ne peut pas les atteindre », souligne M. Strickler. Pékin s’était notamment engagé à l’époque à augmenter drastiquement ses achats de produits agricoles américains. Mais entre la crise du nouveau coronavirus, qui a d’abord frappé de plein fouet la Chine, et le fait que les Chinois se tournent plutôt vers le Brésil et l’Argentine, à cette période de l’année, peu de grosses commandes ont depuis été passées. Le boisseau de maïs (25 kg) pour livraison en mai, le plus échangé, a terminé vendredi à 3,6575 dollars. Le boisseau de soja pour livraison en mai, le plus échangé, a terminé à 8,4875 dollars contre 8,5950 dollars la veille (-1,25%), retombant à son plus bas niveau. Le boisseau de blé pour livraison en mai, le plus actif, a fini à 5,0600dollars contre 5,0550 dollars jeudi (+0,10%)

L’or, une « valeur refuge » ?
En ce qui concerne les métaux, la tendance est à la chute pour le
marché des lingots et de l’or, considéré pourtant comme une « valeur refuge » en temps de crise. Sur la semaine, le métal précieux a perdu environ 6,5% de sa valeur, selon les analyses de marché. Sur le London Bullion Market (LBMA), l’once d’or valait 1 565,60 dollars vendredi, contre 1 673,83 dollars le vendredi précédent. Le palladium a également souffert, perdant temporairement jeudi près de30%, retombant à son niveau d’octobre. Sur le London Platinum and Palladium Market, l’once de palladium valait1 803,04 dollars, contre 2 584,13 dollars à la fin de la semaine précédente. Le cours de l’aluminium a touché jeudi dernier un plus bas depuis octobre2016, à
1 644 dollars la tonne, sous l’effet du recul attendu de la demande chinoise en 2020, soulignent les observateurs. « Les prix de l’aluminium continuent de s’affaiblir en raison des perspectives de la demande », ont estimé Warren Patterson et Wenyu Yao, analystes. Daniel Briesemann, autre expert, observe toutefois que « les métaux de base ont relativement bien résisté ces dernières semaines », contrairement notamment au pétrole dont les prix ont chuté de moitié depuis le début de l’année. La situation sanitaire en Chine, premier pays touché par le nouveau coronavirus et aussi premier importateur mondial de matières premières, connaît ces derniers jours une très sensible amélioration. Sur le London Metal Exchange, la tonne d’aluminium pour livraison dans trois mois s’échangeait à 1 671 dollars vendredi, contre 1 685 dollars le vendredi précédent. Celle de cuivre a également touché un plus bas depuis octobre 2016, à 5 440 dollars, et s’échangeait vendredi à
5 480 dollars, contre 5 607dollars le vendredi précédent.<