Il est question aujourd’hui d’établir une cartographie qui devrait permettre aux pouvoirs publics d’évaluer l’offre en matériaux de construction. Le ministre de l’Habitat fait état de besoins colossaux en la matière pour répondre à la demande des projets de logements en cours de réalisation et ceux prévus à partir de 2018.

En termes chiffrés, les besoins du secteur jusqu’en 2019 sont estimés à 3 millions de tonnes de fer, 30 millions de tonnes de ciment, 30 millions de tonnes de briques, 110 millions de mètres carrés de carrelage, 50 millions de mètres carrés de céramique, 6 millions d’unités de robinetterie, 2 millions d’équipements sanitaires, outre des équipements électriques (câbles et fils), des canalisations, des tuyaux d’eau et de gaz, du mobilier urbain et d’éclairage public. Le principal défi est que l’Etat a dans ses programmes beaucoup de projets à réaliser, et qu’il compte le faire avec toute la rigueur normative voulue. Un objectif réalisable ? Le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelwahid Temmar, a invité, jeudi dernier, les entreprises nationales à se conformer aux standards internationaux en matière de fabrication de matériaux de construction et de réalisation des divers projets. Pour pouvoir se mettre aux normes, elles ont besoin de structures de formation et d’expertise, même si certaines d’entre elles, comme Cosider, ont atteint un niveau satisfaisant en ce qui concerne les normes. Temmar a indiqué, jeudi, alors qu’il visitait un centre de formation, dans la commune de Réghaïa, et un laboratoire de matériaux de construction dans la commune de Dar El Beïda, relevant du groupe Cosider, que le recours par cette dernière à ses propres moyens en matière de recherche et de formation la rend à même d’assurer la qualité des matériaux utilisés et la compétence des ressources humaines exploitées dans la concrétisation des projets dont la réalisation est assurée par ce même groupe. Mais le pays n’a pas assez de sociétés de calibre national qui soient en capacité de se mesurer à Cosider ou de faire jeu égal avec des entreprises étrangères. Les laboratoires mis en service par Cosider permettront d’effectuer toutes les analyses des matériaux de construction et d’éprouver leur qualité. Ambitieux, le ministre veut aller au-delà du seul respect des normes nationales, en se donnant un cadre de référence international, estimant ainsi que la collaboration avec ces structures s’inscrit dans le cadre des efforts soutenus dans le secteur dont il a la charge avec l’implication de toutes les entreprises qui activent dans le domaine de la construction.

Cosider : près de 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires
L’objectif recherché est de former un effectif puissant dans la construction qui bénéficie des spécialités modernes à travers le monde et exporter l’expérience, les potentialités et services locaux vers l’étranger. Le P-DG de Cosider, Lakhdar Rekhroukh, a déclaré à l’occasion de cette visite que le groupe qu’il dirige dispose d’un plan de charges atteignant les 406 milliards de dinars de projets programmés jusqu’au 31 décembre 2017. Cela lui permet de se classer au premier rang des opérateurs nationaux en matière de réalisation de grands projets d’infrastructures au niveau national. Pour autant, le patron de Cosider n’aime pas s’autocongratuler pour avoir pris place sur le podium. Il estime qu’«il nous reste beaucoup à faire car notre entreprise continuera à relever les défis, compte tenu de la confiance dont elle jouit en tant que partie qui s’engage à l’édification et la livraison de projets réalisés dans les délais impartis». Le groupe fait du chiffre, réalisant un chiffre d’affaires de 165 milliards de dinars en 2017 (près d’un milliard de dollars), contre 163 milliards en 2016 et 61 milliards en 2010. S’agissant de la commande nationale publique, le groupe a été sollicité pour la réalisation de 314 km de lignes ferroviaires, 12 km de lignes métro (14 stations), 24 km de lignes tramway (34 stations) et 350 km de pipeline d’hydrocarbures. Cosider compte à son actif la réalisation de 4 barrages hydrauliques, 4 ports, 3 aéroports, 7 hôpitaux (universitaires et spécialisés), en sus de 12 lignes de transfert d’énergie électrique et 30 000 logements.
Le groupe a également conclu nombre de partenariats avec plusieurs entreprises activant dans le domaine de l’immobilier, la construction et les matériaux de construction, à l’instar du partenariat établi avec Lafarge en matière de production du plâtre et du placoplâtre, ainsi que celui avec la Banque extérieure d’Algérie (BEA) dans le domaine de la promotion immobilière.
Le Groupe avait créé, en juin 2009, le Centre national de formation en matière de conduite et de maintenance des engins de bâtiment et le pôle d’excellence aux métiers du bâtiment et des travaux publics, en partenariat avec le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels en juin 2016.