L’obligation du port du masque, à 40 dinars la pièce, a fait ressurgir le sempiternel problème du contrôle des prix dans nos marchés et la difficulté de faire appliquer jusqu’à ceux qui sont plafonnés par le gouvernement. Il relève, également, la difficulté de respecter le décret exécutif paru dans le dernier numéro du Journal Officiel, qui oblige tout un chacun à porter une protection faciale après avoir modifié et complété l’arrêté du 24 mars 2020 fixant les mesures complémentaires de prévention et de lutte contre la propagation du Coronavirus (Covid-19). Que faire alors face à ce qui est « considéré comme mesure de prévention obligatoire » ? La réponse déjà avancée par les ministres de la Santé et de la Production pharmaceutique est de ne pas hésiter à utiliser ce qu’on appelle les « produits alternatifs ». C’est-à-dire tous les masques susceptibles de protéger du risque de contamination sans qu’ils ne soient de fabrication spéciale, portant la griffe d’un laboratoire ou d’une unité de produits de santé. Et c’est dans ce cadre que l’Association nationale des commerçants et artisans (Anca), selon un communiqué, vient d’annoncer la mise en circulation de masques à 30 dinars la pièce, fabriqués dans des ateliers qu’elle se chargera de faire connaître auprès du consommateur. Il s’agira, bien entendu, de masques en tissu dont l’usage est d’ailleurs vivement recommandé par l’autorité sanitaire du pays, l’objectif étant de tenir compte des réalités socioéconomiques dans le pays, de penser aux personnes à faible pouvoir d’achat et d’instaurer chez les gens le précieux réflexe de la protection faciale. Dans une déclaration récente, le président de l’Anca, Hadj Tahar Boulenouar, a déclaré que « 300 ateliers sont prêts à approvisionner le marché », indiquant que « la liste et les coordonnées de leurs responsables sera rendue publique prochainement ». L’Anca n’est pas la seule association à se lancer dans la fabrication de masques en tissu ou à parrainer une telle activité. Des artisans, des centres de formation professionnelle, des unités de textile, des associations et même des couturières s’y sont engagés. La différence est qu’elle propose ces produits à 30 dinars l’unité.