Avec une durée d’insolation moyenne de 2 000 heures sur la quasi-totalité du territoire national et de 3 900 heures sur les Hauts-Plateaux et le Sahara, l’Algérie possède l’un des plus importants gisements d’énergie solaire dans le monde, et ce serait un sacrilège de ne pas tirer profit de cette source propre, abondante et inépuisable, du moins pas avant quelques milliards d’années.

Sur ce thème, le Centre de formation et de développement solaire, Solar dz Center, basé à Bordj, a organisé jeudi dernier une journée de formation au profit des cadres et techniciens du secteur ainsi que des élus et agents d’administration des collectivités locales, avec comme points à aborder, le gisement solaire et la conversion photovoltaïque. Deux points abordés par le professeur Zohir Rouabah, docteur en optique et mécanique de précision, et le docteur Marwane Saâd Saoud, gérant du Solar dz Center, auteur de cinq publications et coauteur de quinze conférences de renommée internationale. Il ressort des conférences, suivant un programme national qui s’étale de 2011 à 2030, que 37% des besoins de la population algérienne en énergie seront puisés de l’énergie solaire, soit la production de 22 000 mégawatts pour subvenir au marché national. Et tant que le soleil brille, pourquoi ne pas atteindre le taux de 100%, pour diminuer la consommation des énergies fossiles, dont une partie devrait revenir aux générations futures et, par conséquent, préserver l’environnement ? « La transition à 100%, non, on n’en est pas encore là. Notre objectif pour le moment vise en substance à compléter l’énergie fossile par l’énergie renouvelable, que nous jugeons pour le futur comme alternative. Toutefois, nous sommes justement très soucieux et conscients des défis qui attendent les générations futures pour lesquelles nous nous attelons à leur léguer leur part d’énergies fossiles », nous dit M. Saâd Saoud. Localement, l’éclairage public en photovoltaïque a déjà fait son apparition dans plusieurs localités, notamment sur la double voie reliant Bordj à El Achir, sur 10 km, à Aïn Taghrout, à Medjana, et pour alimenter une école primaire à Mansoura. Ou encore, des campements de nomades, à Tiaret et Tlemcen, ont été raccordés au réseau d’électricité à partir de panneaux solaires implantés çà et là. Ce qui leur a permis de se sédentariser et leurs enfants de suivre leur scolarité. Dans un monde au bord de l’asphyxie, où l’environnement ne cesse de se dégrader, l’enjeu est impératif d’opter pour des énergies propres et durables si on veut vraiment sauver notre planète, ou ce qu’il en reste.n