Les deux pays signent deux accords sur la livraison de gaz et sur la coopération dans le domaine de l’énergie. Avant la visite du président du Conseil des ministres italiens, M. Draghi, le géant italien et partenaire de Sonatrach s’est dit engagé pour une coopération dans la filière du renouvelable et de l’hydrogène en particulier.

Synthèse Selma Allane
L’Algérie et l’Italie ont signé, hier lundi à Alger, deux accords dans le secteur de l’Energie lors d’une cérémonie présidée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et le président du Conseil des ministres italien, Mario Draghi, en visite en Algérie.
Le premier accord portant sur la livraison de gaz par l’Algérie à l’Italie, a été signé, côté algérien, par le P-dg de Sonatrach, Toufik Hakkar, et côté italien par le P-dg du Groupe ENI, Claudio Descalzi. Le second accord est une « Déclaration commune d’intentions » visant à renforcer la coopération dans le domaine de l’énergie, signée, côté algérien, par le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, et côté italien, par le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio.
Les deux accords ainsi que la visite à Alger de Mario Draghi viennent consolider « une coopération historique, de plus en plus étroite dans tous les domaines mais surtout dans le gaz », considère-t-on à Alger. Elles font figure d’amorce d’une relation énergétique devant concerner d’autres domaines que les hydrocarbures et d’entame d’un bilatéral économique et politique plus étoffé à l’avenir.
« Nos gouvernements ont signé une déclaration d’entente sur la coopération bilatérale dans le secteur de l’énergie. À celle-ci vient s’ajouter l’accord entre ENI et Sonatrach pour augmenter les exportations de gaz vers l’Italie », a déclaré le président du Conseil des ministres italien, M. Draghi à la presse. « J’avais annoncé que l’Italie se serait rapidement organisée pour réduire la dépendance du gaz russe. Les accords d’aujourd’hui sont une réponse significative pour atteindre cet objectif stratégique et d’autres suivront », a-t-il ajouté.
Le président du conseil des ministres italien n’a pas fourni de chiffre mais le groupe italien ENI a précisé dans un communiqué que l’accord « permettra d’exploiter les capacités de transport disponibles du gazoduc (Transmed) pour assurer une plus grande flexibilité d’approvisionnement en énergie, et fournir progressivement des volumes croissants de gaz à partir de 2022, jusqu’à 9 milliards de mètres cubes de gaz par an en 2023-2024 ». L’Italie est déjà le premier client du gaz de l’Algérie d’où elle assure le tiers de ses approvisionnements. Elle en avait importé durant le premier trimestre 2021 un total de 6,4 milliards de mètres cubes, soit une progression de 109% par rapport à 2020. Le contrat de vente de gaz entre les deux pays a été renouvelé en mai 2019 pour une durée de huit ans jusqu’en 2027, en plus de deux années optionnelles supplémentaires.
Sonatrach et ENI, dont le PDG Claudio Descalzi a lui aussi effectué récemment une visite en Algérie, gèrent ensemble le Gazoduc Transmed dont la capacité est de 32 milliards mètres cubes. « L’Algérie exporte un maximum de 22 milliards de mètres cubes via le gazoduc Transmed », ce qui laisse une capacité de 10 milliards de mètres cubes à exporter, a précisé tout récemment aux médias l’ancien ministre de l’énergie Abdelmajid Attar. Le gaz, a-t-il encore expliqué hier à l’AFP, pourrait également être liquéfié et envoyé à travers des méthaniers, sachant que « les unités de liquéfaction qui existent en Algérie ne sont exploitées qu’à 50/60% de leurs capacités ». n