Le marché pétrolier termine la semaine avec une hausse spectaculaire des cours. Deux facteurs essentiels expliquent une telle remontée ; le resurgissement des tensions entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Iran et la baisse de la production pétrolière de l’Opep, signe d’un respect des quotas fixés à chacun des pays engagés dans la décision de limitation de l’offre. A analyser de plus près, la hausse aurait pu être beaucoup plus soutenue n’étaient les statistiques sur la production américaine qui semblent gâcher à nouveau l’enthousiasme ambiant. En tout cas, les cours du brut ont connu trois importantes hausses sur la semaine dernière, clôturant les échanges hebdomadaires à près de 57 dollars le baril pour le Brent, pétrole de référence pour le Sahara Blend algérien. Les prix étaient galvanisés par les informations sur la production de l’Opep, dont les membres et leurs partenaires non Opep ont scellé en décembre et novembre 2016 des accords historiques pour réduire leur offre sur le marché. Ces informations de presse ont confirmé que l’Opep se tenait à ses engagements, ce qu’indiquaient déjà les données des frets maritimes, jugées plus neutres que les chiffres officiels avancés par les pays producteurs. Les cours restaient aussi soutenus par les données relatives à une mise en application effective, par la Russie notamment, des accords de plafonnement de la production. La Russie, avec neuf autres producteurs non Opep, ont conclu, en décembre dernier, des accords de limitation de la production, au lendemain des compromis signés fin novembre par les 14 Etats de l’Opep. L’ensemble des 24 producteurs signataires des accords ont convenu, faut-il le rappeler, d’une réduction de la production au cours du premier semestre 2017, de l’ordre de 1,8 million de barils par jour. Malgré ces signaux aussi positifs que prometteurs, des analystes continuent de se méfier de la capacité de l’Opep et ses alliés à faire régner un nouvel ordre sur les marchés. L’offre américaine sape le moral des investisseurs et risque de faire capoter les efforts de l’Opep pour la stabilisation des marchés. En effet, la production américaine de pétrole de schiste a bondi encore plus fortement la semaine dernière avec, au tableau, une remise en marche de 17 nouveaux puits, s’établissant désormais à 583 forages en activité, contre 566 durant la semaine d’avant. Plus coûteux que le pétrole conventionnel, le brut de schiste avait graduellement reculé depuis que les cours du brut ont chuté mi-2014, mais la remontée des prix au-dessus des 50 dollars permet à certains extracteurs de reprendre une activité à nouveau rentable. Bon nombre d’analystes croient que la hausse de la production américaine pourrait retarder le rééquilibrage du marché que l’Opep cherche à atteindre à travers ses limites. Certains analystes pensent que la hausse de la croissance de la production américaine va être significative sous la présidence de Donald Trump. Les pétroliers espèrent un allégement des réglementations de la part d’une administration qui a déjà autorisé la construction de deux oléoducs contestés et a fait un premier pas vers l’abrogation d’une règle anti-corruption. Cependant, l’administration de Donald Trump a volé la vedette la semaine dernière aux producteurs du pétrole de schiste, captant l’essentiel de l’attention des investisseurs et des observateurs. L’administration du président américain a mis à exécution ses menaces de durcissement contre Téhéran en sanctionnant son programme de missiles balistiques, mais elle a épargné pour l’instant l’accord historique sur le nucléaire. Cet accord, scellé en juillet 2015, avait permis la levée des sanctions internationales, ouvrant la voie à une hausse des exportations iraniennes de pétrole. Même si le marché encaisse jusqu’ici cette énième « folie » de Donald Trump, considérant qu’il est peu probable qu’un conflit armé puisse opposer les deux puissances, il apparaît de plus en plus crédible cette volonté de Donald Trump de remettre en cause les précédents accords conclus avec l’Iran par l’administration de Barak Obama. Son successeur a indiqué vendredi qu’il imposerait davantage de sanctions aux entités iraniennes après un test de missile balistique de Téhéran.