Le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, dans une déclaration à nos confrères de l’APS, met en avant l’importance de favoriser la cohésion au sein de l’Opep, à plus forte raison dans le contexte d’aujourd’hui. Evidemment, il importe pour l’Opep et ses alliés de s’assurer de la cohérence d’ensemble de la stratégie qu’ils ont adoptée jusqu’ici. Cette stratégie, basée sur la réduction de l’offre dans une conjoncture où la demande est atone, s’est révélée payante. Ainsi, l’Opep et ses partenaires comptent-ils la maintenir à l’occasion de la réunion ministérielle de l’Organisation pétrolière dont les travaux commenceront aujourd’hui à Vienne. Mohamed Arkab a d’ailleurs indiqué que « l’Algérie s’employait à assurer la continuité de l’équilibre prévalant dans les marchés pétroliers dans le cadre des efforts entrepris depuis 2016 par l’Opep et les pays non-Opep. Il a fait savoir que l’objectif principal demeure le maintien de cet équilibre afin de pouvoir mobiliser tous les moyens nous permettant de développer la production et l’ensemble des projets importants pour les secteurs de l’Energie dans ces pays. Seulement, le niveau actuel des prix du brut (60-70 dollars le baril), de nombreux pays, y compris le nôtre, ne peuvent s’en accommoder. Il peut même décourager certains pays à investir encore dans la production. L’Algérie a besoin d’un prix de baril de pétrole moyen à 116,4 dollars pour équilibrer son budget pour l’année 2019, une indication révélée par l’agence Bloomberg, citant le Fond monétaire international. Le seuil des 70 dollars le baril donne, toutefois, aux grands producteurs, à l’exemple de l’Arabie Saoudite ou de l’Irak, le temps de souffler en vue de la consolidation interne dont ils ont grand besoin. Mais pour les pays pétroliers, 65 ou 70 dollars, ce n’est pas beaucoup, mais vaut mieux une bonne nouvelle qu’une mauvaise, parce que le marché peut déprimer et les cours dégringoler. Ce contre quoi, pays Opep et non-Opep ont, d’ailleurs, déjà, mis en garde. Ceux-ci examineront lors de la 176e réunion ministérielle prévue, donc, aujourd’hui, les voies et moyens de stabilisation du marché au mieux des intérêts du consommateur et du producteur. Ils veulent préserver un accord qui ne porte pourtant que sur le court terme. Ils espèrent raviver la flamme de la motivation pour travailler ensemble autour de cet accord dont l’exécution pleine et continue constitue un élément essentiel pour tous les pays pétroliers. Du reste, le ministre de l’Energie a affirmé, en ce qui concerne le taux de respect de l’accord, qu’il est accepté par l’ensemble des Etats membres, rappelant, à cet égard, l’accord trouvé récemment concernant la reconduction de sa mise en œuvre jusqu’à la fin de 2019. Tous les ministres des pays Opep et non-Opep sont d’accord sur ce principe, a-t-il ajouté. Arkab, également vice-président de l’Opep, participera mardi 2 juillet, à la 6e réunion ministérielle Opep/non-Opep. Ces réunions devront examiner l’état de l’évolution du marché pétrolier et ses perspectives, ainsi que prendre les décisions à même d’assurer la stabilité des marchés conformément aux engagements de la déclaration de coopération signée entre ces pays. Il y a, à cet égard, de fortes chances que des solutions réalistes soient trouvées pour reconduire l’accord pour au moins six mois. L’expert international, M’hamed Hamidouche, cité par l’agence APS, a estimé que pas mal d’informations focalisées sur la mésentente entre l’Iran et l’Arabie Saoudite donnent des « idées fausses » sur ces futures négociations supposées difficiles et, par conséquent, « la fausse idée » véhiculée qu’il s’agit de « complications » pour la reconduction de l’accord. Je rappelle, a-t-il dit, qu’en plus de l’Iran, le Venezuela et la Libye sont exclus de cet accord et que le reste de l’organisation est sur le point de consentir à prolonger l’accord au-delà de juin et sans surprise. Pour le reste des pays hors Opep, ajoute-t-il, il faut s’attendre à une reconduction des quotas sans ambiguïté même si les déclarations du ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, semblent prudentes, a-t-il soutenu. Interrogé sur une éventuelle hausse des prix du brut, en raison notamment des tensions au Moyen-Orient, l’expert international a indiqué qu’en cas de conflit (armé) entre les Etats-Unis et l’Iran, les prix passeront en moins d’un mois au double.