En dépit d’indicateurs tantôt contradictoires, tantôt inquiétants liés notamment à la hausse de la production du schiste américain, l’unanimité d’un retour à la stabilité des marchés pétroliers gagne de plus en plus les acteurs pétroliers de l’Opep.

Après la thèse du ministre saoudien de l’Energie Khaled al-Faleh selon laquelle le marché pétrolier était en train de s’équilibrer, allant jusqu’à estimer inutile de prolonger la réduction de production au-delà de six mois, c’est au tour du secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) d’abonder dans le même sens en prévoyant un retour à la stabilité sur les marchés du pétrole cette année. Mohammed Barkindo, qui était de retour à Caracas pour sa deuxième réunion en deux mois avec le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a affirmé sa conviction qu’«avec la mise en œuvre intégrale et dans les délais de cette décision historique entre nous et les pays hors Opep, la situation de nos économies en 2017 va s’améliorer énormément», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse avec le président vénézuélien, qui, lui, espère voir le prix de son pétrole brut atteindre 70 dollars le baril dans les mois à venir. «Et la stabilité du marché pétrolier, qui nous a échappé pendant près de trois ans, sera rétablie durablement dans l’intérêt des producteurs, des consommateurs et de l’économie mondiale», a-t-il ajouté. De son côté, le président du Venezuela, qui a beaucoup œuvré en faveur d’une baisse de la production, a dit qu’il espérait que l’accord contribuerait à relever le prix du panier de référence du pétrole brut du pays à 60 dollars le baril au premier semestre et à 70 dollars par la suite. Le baril de brut du Venezuela, un des pays les plus affectés par la chute des cours du pétrole depuis la mi-2014, se traitait à 44,82 dollars la semaine dernière, contre 35,15 dollars en moyenne sur l’ensemble de l’année 2016. Entre-temps, les prix du pétrole remontaient hier en cours d’échanges européens, les investisseurs profitant de l’accès de la baisse du dollar et des assurances des membres de l’Opep relatives à la limitation de leur production. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 56,63 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 77 cents par rapport à la clôture de lundi, alors que dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour le contrat de février gagnait 84 cents à 53,21 dollars. Le billet vert a grimpé après l’élection de Donald Trump, mais les incertitudes qui pèsent sur les marchés ont fait reculer ces dernières semaines la monnaie américaine, qui sert de référence aux prix du baril et favorise donc les investisseurs utilisant d’autres devises.