C’est le flop total. Et pour cause. Les promesses énoncées par le ministre du Commerce, Kamel Rezig, d’un Ramadan «sans flambée des prix et sans pénuries», ne sont visiblement pas tenues.

Par Bouzid Chalabi
Il suffit pour sans convaincre de savoir qu’au cinquième jour du mois de Ramadan les engagements du ministre du secteur s’avèrent des slogans et des discours creux. Il s’agit des soldes dès le 7 avril, des marchés de proximité avec des prix promotionnels, de la viande rouge congelée d’importation à 1 000 DA le kilo, du poulet à 250 DA et un contrôle rigoureux qui garantira une stabilité des prix des fruits et légumes. Des décisions qui ont mis en confiance les consommateurs, notamment ceux aux bas revenus.
Or, à ce jour, la réalité du terrain est tout autre. Les dispositifs n’étaient pas au rendez-vous dès lors où il n’y a toujours pas trace de marchés de proximité et encore moins de viande importée, quant aux légumes fort prisés en cette période, leurs prix se sont envolés. En somme, en ce qui concerne les marchés de proximité du côté des collectivités locales, on bute encore dans le choix des sites où devront être implantés ces lieux de «braderies». A propos de la viande rouge et blanche locales on observe dans les différents souks du pays que leur prix n’a pas baissé d’un dinar mais a, au contraire, augmenté par rapport aux prix pratiqués précédemment. Ce qui va en contresens de ce qui est attendu pour la viande rouge dans la mesure après l’annonce d’une «inondation» du marché en produit carné rouge avec, d’une part, l’importation d’Espagne de plus de 2 500 tonnes de viandes rouges congelées, et d’autre part, avec l’arrivée de tonnage depuis les régions du sud du pays. Faut-il savoir dans la foulée, selon des sources concordantes, que la viande rouge importée n’est pas à la veille de faire son apparition sur les étals. Pourquoi ? «L’autorisation d’importer, décidée à titre exceptionnel pour le mois de Ramadan, a été confiée à 17 importateurs, huit jours avant le mois de Ramadan. Et quand bien même ces derniers se sont vus accorder des facilitations administratives afin de faire accélérer leurs opérations d’import, cela ne va manifestement pas suffire à ce qu’ils ramènent leur cargaison dans les délais car leur démarche exige du temps. Il s’agira pour eux de conclure un contrat d’achat qui leur soit bénéfique financièrement.
Ce qui renvoie à dire que la viande rouge importée ne sera pas présente sur les étals avant le dixième jour du mois de Ramadan tout au moins», confie notre source». Quant à la commercialisation de la viande provenant des élevages du sud du pays, annoncée en grande pompe par Kamel Rezig comme étant une première et «qui devait permettre de stabiliser les prix», avait-il appuyé, les ménages n’ont à ce jour ressenti aucun effet. Pour ce qui est de la viande blanche, le ministre du Commerce s’est engagé à mettre sur le marché 60 000 tonnes durant ce mois. Ce qui pourrait être vrai, Mais toujours est-il que ce dispositif n’a pas entraîné une tendance à la baisse des prix. Pis encore, au sein de la population, le poulet à 250 DA/kg promis est devenu une chimère.
Hausse vertigineuse de la pomme de terre et de la tomate
Du côté des légumes, pour la pomme de terre et la tomate, cela relève plutôt de l’invraisemblable car entre les promesses de stabiliser leurs prix respectifs, ils se sont littéralement envolés. Une tendance à la hausse vertigineuse qui ne risque pas de s’estomper à brève échéance si l’on en croit les témoignages recueillis par Reporters auprès des mandataires au sein des marchés de gros de fruits et légumes qui approvisionnent les détaillants de la wilaya d’Alger. Expliquant ainsi à l’unanimité que les producteurs de pomme de terre des régions qui fournissent le marché en cette période de l’année rencontrent des difficultés à passer à la récolte faute de main-d’œuvre suffisante. «Nombreux d’entre ces derniers préfèrent se mettre au repos durant le mois de Ramadan. Et du coup l’acheminement de la patate fraîche vers les marchés de gros se fait non seulement au ralenti mais en petite quantité créant un déséquilibre entre l’offre et la demande et provoquant ainsi la surenchère sur la tubercule», argue un mandataire du marché des Eucalyptus, contacté par nos soins.
A propos de la tomate et toujours selon cette même source, «les récoltes de saison de la wilaya de Oued Souf se sont écoulées alors que pour celles du nord du pays, leur arrivage est prévu vers la mi-mai. Et pendant cette période de coupure, les prix des tomates de qualité moyenne ne vont pas descendre la barre des 150 DA, et les 170 DA et plus pour celles de qualité supérieure».
Finalement, après l’avalanche de promesses, les citoyens vont se rendre à l’évidence qu’ils passeront un Ramadan qui ressemble en tous points aux précédents. Et de se demander pourquoi alors faire tant de promesses publiquement sans pouvoir les honorer ?