par Hichem Laloui et Houria Moula
Les différents mouvements enregistrés ces derniers jours et qui s’opposent à un 5e mandat pour le président de la République sont différemment appréciés par la classe politique. Entre les pourfendeurs et les soutiens, les partis politiques réagissent en fonction de leur positionnement par rapport à la présidentielle. Pour le FLN, son coordinateur a expliqué, hier, que le choix d’un autre mandat pour Abdelaziz Bouteflika,
« permettra à l’Algérie de franchir une nouvelle étape pour consolider son édifice démocratique ». Mouad Bouchareb, qui s’exprimait à l’occasion de la Journée nationale du chahid, a salué les efforts du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, ses sacrifices pour l’Algérie, comme, a-t-il ajouté, « l’illustre son parcours jalonné, un moudjahid engagé pour l’indépendance du pays, pour son développement, sa sécurité et sa stabilité ». M. Bouchareb a également souligné que la réélection de M. Bouteflika « est une façon d’accomplir l’œuvre entamée » à la tête de l’Etat. Pour le TAJ d’Amar Ghoul, qui s’exprimait, avant-hier, à Sidi Belabbès, « les mouvements de rue peuvent provoquer des dérapages » et toute contestation d’ordre social « doit attendre l’après élection pour s’exprimer ». Il faut souligner que les deux autres partis de l’Alliance, à savoir le RND et le MPA n’ont pas encore réagi et toutes nos tentatives de les faire réagir ont été vaines.
Du côté de l’opposition, Mohamed Hadj-Djilani, premier-secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), a indiqué que son parti « vise le changement de tout le pouvoir », soulignant que « le problème réside dans la nature de ce système », contre lequel « nous militons pour son départ ». M. Hadj Djilani a estimé qu’« on ne doit pas se focaliser uniquement sur le 5e mandat », d’où, a-t-il ajouté, « notre appel à une forte mobilisation pour faire partir le pouvoir ». « La mobilisation que nous comptons construire est celle qui sera cette alternative démocratique à un régime en panne d’idées », a-t-il encore dit, mettant en garde contre « la répression » de ces marches. Même son de cloche du côté du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) qui interpelle contre toute répression ou arrestation à l’encontre des manifestants qui s’expriment de manière pacifique. «Le RCD qui milite pour l’avènement de l’alternative démocratique et pacifique met en garde contre les provocations et la répression contre des citoyens qui manifestent les mains nues», a-t-il soutenu dans un communiqué.
Bien que les informations faisant état de l’arrestation d’un manifestant ne soient que de simples rumeurs, le RCD a saisi l’occasion d’exprimer sa position et ses «vives inquiétudes ». Pour le parti de Mohcine Belabbas, l’annonce de la candidature de Bouteflika est vécue comme un « affront ».
Et d’incomber la responsabilité à l’administration : «Devant le refus d’autorisation de toute manifestation publique, des appels à manifester sont lancés par des organisations ou des citoyens sur les réseaux sociaux», soulignera le parti. Enfin, le RCD appelle à «l’ouverture des espaces publics, à la vigilance et à la solidarité pour que s’ouvre une issue positive qui sauvegarde l’unité de la nation et de notre peuple».
Abdelghani Badi, vice-coordinateur national du mouvement Mouwatana a estimé, quant à lui, que les actions de rue enregistrées ces derniers jours « est une réaction naturelle » des citoyens, qui se sentent, selon lui « offensés ». Me Badi a expliqué que « ces citoyens refusent que leur pays reste l’otage d’un groupe inconnu », a-t-il dit, estimant, au passage, que le 5e mandat « est une menace sérieuse » sur le pays. Djeloul Djoudi, responsable au sein du Parti des travailleurs (PT), a expliqué que sa formation « n’est pas contre » l’expression pacifique d’une opinion, mais met en garde « contre les dérapages » qui peuvent « ouvrir la voie à des ingérences étrangères ». M. Djoudi a souligné que le PT estime que la crise « n’est pas uniquement liée à un 5e mandat et elle n’est pas celle d’un homme», mais «celle de tout un régime ». n