La ville de Kherrata a abrité, hier, une marche à l’appel des animateurs du mouvement citoyen pour le changement coïncidant avec le jour de la commémoration des évènements du 8 Mai 1945.

PAR NAZIM BRAHIMI
Ils étaient nombreux, en effet, venus des quatre coins du pays à battre le pavé dans les artères et routes de la ville de Kherrata, brandissant des slogans et des mots d’ordre du mouvement populaire. Après avoir déposé une gerbe de fleurs devant la stèle mémorielle de la ville et observé une minute de silence à la mémoire des martyrs de la Révolution, les manifestants ont entamé une marche durant laquelle ils ont réitéré les revendications entonnées depuis février 2019, à savoir «pour un Etat civil et non militaire», «pour la libération des détenus», «pour la justice sociale», «pour le changement radical» et bien d’autres.
La manifestation a été marquée par la présence de plusieurs acteurs politiques, des militants associatifs, des syndicalistes et des avocats impliqués dans le mouvement populaire. Et si la marche a eu lieu tel que prévu, ce n’est pas le cas de la rencontre de concertation, annoncée initialement pour cette date à l’initiative de Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) pour faire le point des deux années de mobilisation. Il y a eu, cependant, durant la soirée de vendredi «le Forum citoyen» avec des prises de paroles sur la situation politique du pays où les intervenants ont exposé leurs points de vue.
Une occasion pour les habitants de Kherrata de tirer les choses au clair quant aux raisons qui font que la rencontre de concertation n’a pas pu avoir lieu, «des interprétations de l’objectif initial de la rencontre».
«Kherrata ne sera pas une arène pour les jeux du régime et de ses agents, et donc nous, en tant que citoyens de Kherrata, qui participons collectivement à la rédaction de l’appel, nous rejetons et ne permettrons à personne d’être ou d’exiger de représenter le mouvement populaire dans l’atmosphère électrifiée actuelle», est-il indiqué dans une déclaration lue à l’occasion. «… L’appel de Kherrata était clairement adressé à tous les citoyens et non à une personne, un groupe, une organisation ou des représentants, et quiconque veut utiliser l’épouvantail de la représentation pour contrecarrer la rencontre des Algériens», est-il encore précisé. Pour sa part, le président de RAJ, Abdelouhab Fersaoui, qui a fait la promotion médiatique de la rencontre, a expliqué, avant-hier à partir de Kherrata justement, qu’«il s’agit plus d’une proposition, une idée et pas une initiative bien ficelée qui aurait un contenu et un programme bien défini». Pour nous, il était question «de faire un bilan du mouvement populaire, de façon à ce que la troisième année du Hirak soit politique par excellence». Le président de RAJ a estimé, par la même occasion, qu’il «était temps de se mettre autour d’une table et de discuter entre nous et sortir avec une vision rassembleuse pour donner une nouvelle perspective au Hirak». Soulignant «avoir proposé une première rencontre de concertation et pas un pas congrès», Fersaoui a indiqué que «le Hirak est dans un processus de maturation», relevant que tous «les animateurs de ce mouvement sont désormais convaincus qu’il y a nécessité de lui conférer un contenu et une projection politiques».