Rassurant, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière Abdelmalek Boudiaf a annoncé, hier lors de la mise en place de l’Agence nationale de production de pharmacie (ANPP),

qu’il n’y aura «plus de pénurie» de médicaments en considérant que la disponibilité des médicaments relevait de la «souveraineté nationale» avant d’annoncer une prochaine révision de l’organigramme du département ministériel qu’il dirige.

Pour sa part, le Directeur général de la pharmacie au ministère de la Santé, Hamou Hafedh, a déclaré que « l’ensemble des programmes du médicament strictement importé est complètement libéré », précisant que le médicament a représenté, en 2016, quelque 92% de la totalité de la production pharmaceutique nationale et 54% par rapport à la facture globale nationale. Il y a lieu de rappeler que le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), Lyes Merabet, avait annoncé samedi que les hôpitaux font face à des pénuries fréquentes de médicaments et produits pharmaceutiques, « ce qui est largement vérifié dans tout le territoire national ». Merabet a indiqué, lors d’une conférence de presse, que son syndicat a comptabilisé 28 produits en rupture. Il s’agit entre autres « de vaccins, de seringues, de coton salivaire, de masques à oxygène, de clichés pour radio numérisée… ».

 

L’Agence nationale de production de pharmacie… neuf ans après
Neuf ans après la publication de la loi portant sa création au Journal Officiel, l’Agence nationale de production de pharmacie a été lancée, hier, lors d’une cérémonie organisée à l’institut Pasteur d’Alger. « Cette agence est une nécessité. Nous avons un peu tardé pour sa mise en place », a commenté le ministre de la Santé, en marge de la journée technique d’information portant sur la mise en œuvre des activités de l’agence.
Boudiaf a, d’ailleurs, rappelé que cette agence a été installée avant même que le projet de loi sur la santé ne soit débattu à l’APN. Rappelant que son examen a été ajourné en attendant la constitution d’un nouveau Parlement. La gestion de cette agence a été confiée à Mme Cherif-Benayad, cadre au Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques (LNCPP), réputé à l’échelle internationale. Cette agence nationale sera chargée entre autres de la régulation, de la surveillance et du contrôle du marché du médicament. Elle aura également à participer à des expertises et à tout contrôle des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux, à contrôler la publicité et à veiller à une information médicale fiable.
Soulignant que le personnel du LNCPP fait partie de l’ANPP, le ministre a appelé à «parfaire un travail de niveau pour lequel est réputé le LNCPP où ses chercheurs ont été derrière le retrait sur les marchés européens et américains de médicaments fabriqués dans des grand laboratoires ». «Ne commencez pas en boîtant et ne faites pas aussi dans la précipitation. Faites un travail de qualité qui répond aux normes internationales et aussi à nos attentes », a déclaré Boudiaf s’adressant à la directrice générale de l’agence. Dans ce cadre, il a appelé l’ANPP à « conclure des jumelages avec les agences qui sont leaders dans ce domaine à l’international ». L’ANPP comprend quatre commissions spécialisées.
Il s’agit de la commission d’enregistrement du médicament ; celle chargée de l’homologation des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux à usage de la médecine humaine ; la commission de contrôle de l’information médicale, scientifique et de publicité et également la commission d’étude des prix des produits et des dispositifs médicaux.
Concernant l’enregistrement des médicaments, le ministre a souligné que le nouvel organisme va « accélérer les modalités d’enregistrement et d’homologation des médicaments » pour faire du pays une référence en matière de production pharmaceutique, sans négliger, précise Abdelmalek Boudiaf, la qualité du médicament et la santé du citoyen.
Avec « 80 unités de productions et 150 autres en cours de réalisation», le ministre de la Santé a réitéré son souhait de porter la production nationale à « 70%», en précisant qu’actuellement elle est de «61%» et que la facture d’importation a baissé de 4%.