Par Feriel Nourine
L’incertitude qui règne sur le marché pétrolier a de nouveau été mise en avant par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Dans la situation actuelle, marquée par le conflit en Ukraine et son impact sur les cours de l’or noir, ce marché fait même face à «un niveau sans précédent d’incertitude», a relevé l’Opep dans son dernier rapport mensuel, publié hier, soulignant que «l’incertitude dominera les mois restants de 2022».
Le constat de l’organisation confirme, si besoin est, que cette dernière n’est pas près de changer la démarche prudentielle qu’elle partage avec d’autres pays non-membres dans le cadre de l’Opep+ à travers l’assouplissement du programme de réduction de l’offre dégagé par l’alliance en avril 2020.
Les 13 pays de l’Opep+ et leurs 10 alliés, dont la Russie, refusent de rompre avec cette démarche depuis plusieurs mois, et les perturbations causées par les hostilités armées entre la Russie et l’Ukraine ne semblent pas suffire pour sonner l’heure du changement chez les 23 pays producteurs de brut. La demande mondiale est confrontée aux défis de la situation en Ukraine et à la hausse de l’inflation, a fait remarquer l’organisation des pays producteurs de pétrole dans son document. L’Opep est resté fidèle à ses prévisions sur la demande mondiale de brut en 2022, soit 4,15 millions de barils par jour (bpj), et a augmenté ses prévisions de demande pour son brut. Lors de son précédent rapport mensuel, l’Opep avait évoqué la possibilité d’une augmentation plus rapide de la demande en 2022, mais avait déclaré que la guerre en Ukraine et les inquiétudes persistantes concernant la Covid-19 auraient un impact négatif à court terme sur la croissance mondiale. «Pour l’avenir, les défis de l’économie mondiale – en particulier en ce qui concerne le ralentissement de la croissance économique, la hausse de l’inflation et les troubles géopolitiques en cours- auront un impact sur la demande de pétrole dans diverses régions», écrit l’organisation dans son nouveau rapport. Commentant la situation de l’économie mondiale, la même source note qu’après un début d’année «sur des bases sous-jacentes relativement solides, les derniers événements en Europe de l’Est pourraient faire dérailler la reprise».
Concernant la consommation mondiale de pétrole, l’Opep a relevé ses prévisions pour l’année en cours à 100,90 millions de barils par jour, contre les 100 millions de bpj mentionnés dans son précédent rapport.
Le baril sous
les 100 dollars
Sur le marché, les cours poursuivaient hier leur recul, s’éloignant encore plus des sommets réalisés la semaine dernière, lorsque l’or noir avait atteint des sommets inédits depuis de nombreuses années et s’était rapproché de ses sommets absolus.
Le baril est même redescendu sous les 100 dollars, alors que les espoirs suscités par les négociations russo-ukrainiennes et les inquiétudes d’un ralentissement de l’économie chinoise maintenaient leur impact sur les séances d’échanges. En fin d’après-midi, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai valait 98,73 dollars, en baisse de 7,64%, alors que le WTI pour livraison en avril perdait 8,26% à 94,50 dollars.
On est donc bien loin de la semaine dernière, quand les cours avaient atteint un record depuis 2008, à 139,13 dollars pour le Brent et à 130,50 dollars pour le WTI.
Toutefois, si les deux références de l’or noir ont sensiblement baissé en quelques jours, ils restent en hausse de plus de 46% sur un an. <