C’est une entame de semaine en recul qu’effectuait hier le pétrole. Après avoir atteint, vendredi, leur plus haut depuis début mars dernier, avec un baril de Brent qui s’est rapproché des 50 dollars (49,92 dollars), les cours prenaient une tendance inverse hier lundi.
En fin de matinée, la référence européenne pour livraison en février s’échangeait à 48,89 dollars sur l’Inter Continental Exchange, cédant 0,73% par rapport à la clôture de vendredi. Sur le marché newyorkais, le baril américain de West Texas Intermediate (WTI), aussi pour le mois de janvier, lâchait dans le même temps 0,80% à 45,89 dollars, après avoir atteint vendredi 46,68 dollars, une première depuis le 5 mars.
Cette baisse des cours de l’or noir n’est point une surprise, dans la mesure où, depuis début novembre, les cours ont vécu au rythme d’une série de séances gagnantes qui ont fini par les hisser à des niveaux nettement plus hauts que ce qu’il était réellement espéré par les producteurs face à une seconde vague de coronavirus éprouvante pour le marché durant le mois précédent.
Sous l’effet, notamment des annonces des vaccins contre la Covid-19, le brut a, en effet, effectué un rebond le mois dernier, qui s’est maintenu dans la durée pour se solder par 30% de gains par rapport à octobre. Ce qui n’est pas rien dans une période où la pandémie reste menaçante à plus d’un titre. C’est pourquoi, la décision prise jeudi dernier par l’Opep+ d’ajuster son accord de réduction, en optant pour une augmentation graduelle de 2 millions de barils par jour à partir du mois de janvier prochain, était attendue plus comme un probable effet stabilisant des cours que comme une opportunité qui pousserait les prix encore plus haut que là où il se positionnent actuellement.
D’où ce recul assez léger qui intervient après une semaine dernière marquée par une accélération dans la montée des cours, mais que le début très proche des campagnes de vaccination anti-covid-19 pourrait effacer, ou du moins le maintenir dans cet état qui ne remet pas en cause les nombreux dollars gagnés par le baril ces dernières semaines.
Dans le cas du panier des 13 bruts de l’Opep, dont le pétrole algérien (Sahara Blend), les prix ont atteint 48 dollars la semaine dernière, soit le plus haut niveau depuis 8 mois, a indiqué hier l’organisation sur son site web, précisant que «les prix du panier de référence de l’Opep de bruts (ORB) s’élevaient à 48,35 dollars vendredi contre 47,46 dollars la veille (jeudi dernier)».
L’Opep rappelle qu’au début de la crise sanitaire, en mars dernier, l’ORB avait baissé à 33,92 dollars le baril, ce qui représentait la plus forte baisse mensuelle depuis octobre 2008 et la valeur mensuelle la plus faible depuis septembre 2003. Et c’est en fin novembre dernier que le brut de l’Opep a connu une amélioration, soutenue notamment par les annonces relatives au développement d’un vaccin efficace contre la Covid-19.
Ceci étant, le marché devrait évoluer dans les jours qui viennent, en tendant l’oreille à l’Iran dont la production de brut pourrait connaître une augmentation conséquente. Ce qui brouillera inévitablement les cartes de l’Opep+. Son ministre du Pétrole a même déjà été chargé de préparer les installations de pétrole du pays à fonctionner à pleine capacité dans les trois mois, ont annoncé hier les médias d’Etat, avant un éventuel assouplissement des sanctions américaines qui suivrait l’entrée en fonctions du président américain élu Joe Biden.
Selon les médias officiels, le président Hassan Rohani aurait déclaré que l’Iran exportait plus de deux millions de barils par jour avant que le président américain Donald Trump ne quitte l’accord nucléaire de 2015 avec six autres puissances, en 2018, et n’impose à nouveau des sanctions qui ont durement frappé l’économie iranienne en réduisant fortement ses exportations pétrolières. Joe Biden, qui entrera en fonction le 20 janvier, a déclaré qu’il renouerait avec le pacte de 2015 et lèverait les sanctions si Téhéran revenait à un «strict respect de l’accord nucléaire». Hassan Rouhani a précisé, hier, que son pays se préparait à une augmentation rapide de sa production de pétrole, selon l’agence de presse officielle IRNA.
On estime que l’Iran exporte aujourd’hui moins de 300 000 barils de pétrole par jour, contre un pic de 2,8 millions en 2018. <