Au dernier jour de la semaine, hier vendredi, les marchés pétroliers ont ouvert avec des prix à la hausse. En début de matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait ainsi 42,78 dollars à Londres, en hausse de 3,06% par rapport à la clôture de jeudi. A New York, le baril américain de WTI pour le mois de juillet gagnait 3,45%, à 40,18 dollars.
Selon les observateurs, les deux indices de référence se rapprochent de leurs niveaux du 8 juin, à 43,41 dollars le baril pour le Brent et 40,44 dollars pour celui de WTI, les plus hauts atteints depuis la chute brutale des cours au début du mois de mars dernier.
Cette embellie, expliquent les experts, est soutenue par la mobilisation et le sérieux des pays de l’Opep et de leurs partenaires de l’Opep+ à respecter leurs engagements à réduire leur offre et œuvrer à la stabilisation des marchés. Jeudi, ces pays producteurs se sont réunis par visioconférence dans le cadre des travaux du Comité de suivi de l’accord (JMMC) sur la réduction de leur production. Chargé d’évaluer tous les mois «les conditions du marché de l’énergie, les niveaux de production et de conformité», ce Comité, selon un communiqué du ministère algérien de l’Energie, a établi un constat positif des efforts de discipline déployés par les pays concernés par l’accord de limitation. Il insiste néanmoins sur la nécessité d’atteindre un taux de conformité de 100% pour tous les pays signataires, relevant que le niveau global de conformité a atteint 87% en mai dernier. Les pays appelés à compenser leurs manquements, a-t-on appris d’autres sources, sont l’Irak et le Kazakhstan, qui ont déjà fourni à l’Opep des «calendriers de compensation». Les autres retardataires comme le Nigeria et l’Angola ont jusqu’au 22 juin pour soumettre leurs propositions. Ils «devraient transmettre au plus tard le lundi 22 juin 2020, au Secrétariat de l’Opep, un planning d’ajustement de leur réduction de production durant les mois juillet, août et septembre 2020 et ce, pour atteindre le niveau requis», indique le communiqué du ministère de l’Energie.
L’accord des pays de l’Opep+ porte sur une réduction de la production pétrolière de l’ordre de 9,7 millions de barils par jour (mb/ j) durant le mois de juin 2020, d’une baisse de 9,6 mb/j durant juillet 2020 ainsi que d’une coupe de 7,7 mb/j du 1er août à fin décembre 2020. Ces baisses seront ensuite suivies d’une réduction de 5,8 mb/j à partir du 1er janvier 2021 jusqu’au mois d’avril 2022. Hormis l’effet positif produit par l’attitude de ces pays sur les cours du brut, les analystes mettent en avant la baisse de la crainte suscitée par le risque d’une deuxième vague de la pandémie de la Covid-19, notamment après les déclarations de la Chine que le regain de contamination observé à Pékin était «sous contrôle». Ils insistent également sur la «reprise de la demande physique» en pétrole. La «solidité» des cours du brut, «contrairement à d’autres classes d’actifs, suggère que les prix sont soutenus par des acheteurs physiques et non par des acheteurs spéculatifs», a indiqué un analyste Jeffrey Halley, du trader Oanda. L’expert ajoute que ce constat «est le bienvenu car il implique que la demande physique dans le monde entier se redresse, avec ses implications pour la croissance économique». Jeudi, le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, a déclaré à Alger que l’Opep a besoin d’affirmer la crédibilité de son accord sur les marchés pétroliers. Les cours du pétrole demeurent instables, a-t-il fait observer, ajoutant que l’Algérie met en garde ses partenaires dans cet accord que la crise n’est encore pas finie et que l’excédent sur le marché reste élevé.
Pour rappel, le JMMC a été créé à la suite de la 171e Conférence ministérielle de l’Opep du 30 novembre 2016 et de la «Déclaration de coopération» de la réunion ministérielle mixte Opep+ du 10 décembre 2016 à Vienne. Il est composé de quatre pays membres de l’Opep (Algérie, Arabie Saoudite, Koweït et Venezuela) et de deux pays non membres de l’Organisation (Russie et Oman). La prochaine réunion du JMMC par visioconférence est fixée au 15 juillet 2020. n