L’annonce de réduction des productions saoudienne et russe ainsi qu’une hausse des importations chinoises n’ont pas suffi à booster les prix du pétrole qui ont reculé, hier, en cours d’échanges européens pour mettre un terme à la hausse des deux dernières séances. Le marché du pétrole attend du concret de la part des pays paraphant l’Accord sur la réduction de l’offre. Si les prix se sont stabilisés au-dessus de 50 dollars dans le sillage de l’annonce de l’Accord, d’abord entre pays de l’Opep, puis l’adhésion des non-Opep, il n’en demeure pas moins qu’ils n’arrivent pas à s’envoler du fait du scepticisme des analystes quant à une volonté réelle de réduire la production.

En effet, les prix du pétrole n’ont pas pu dépasser le pic des 56 dollars atteint jeudi dernier, une semaine après l’entrée en vigueur des accords sur la réduction de l’offre dans une période où la demande énergétique est à son maximum.
Parce que les contrats signés jusque-là concernent les livraisons hivernales où la vente des bruts atteint des pics pour répondre aux besoins du chauffage. Mais les prix continuent à fluctuer autour de la barre des 55 dollars. Et c’est à cause des doutes sur la limitation de l’offre justement. Et maintenant que les contrats négociés porteront sur les livraisons du printemps, il faut plus que des annonces pour maintenir l’équilibre des prix au-dessus de 50 dollars.
Ainsi, les prix du pétrole ont baissé hier vendredi en cours d’échanges européens, après la hausse des deux dernières séances. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 55,45 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 56 cents par rapport à la clôture de jeudi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour le contrat de février reculait de 55 cents à 52,46 dollars. Et ce, en dépit de l’annonce de réduction des productions saoudienne et russe ainsi qu’une hausse des importations chinoises.
«Les prix étaient partis en hausse vendredi matin alors que l’Arabie saoudite et la Russie ont à nouveau affirmé limiter leurs extractions dans un effort de réduction de la surproduction mondiale, mais les acteurs du marché auraient besoin de preuves concrètes que la production mondiale recule pour que la hausse se maintienne», a expliqué Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.
Par ailleurs, il convient de souligner que les pays veillant à l’application des accords sur la réduction de la production vont se réunir la semaine prochaine à Vienne et l’évolution des prix dépendrait pour longtemps des résultats de cette réunion.
Or, le marché ne s’attend pas uniquement à des annonces mais à des actions concrètes pour dissiper les doutes et montrer que cette volonté de rééquilibrage du marché n’est pas que bonne intention. «Le ministre de l’Energie de l’Arabie saoudite, Khaled
al-Faleh, a indiqué que le royaume produit actuellement moins de 10 millions de barils par jour, son plus bas niveau d’extraction depuis 22 mois et en deçà de son objectif de 10,06 millions de barils par jour», ont commenté les analystes de JBC Energy. C’est dire le scepticisme qui règne actuellement sur le marché où les spéculations vont bon train en attendant des signes tangibles sur l’évolution des fondamentaux : l’offre et la demande.
Et même la hausse des importations chinoises n’a pas vraiment influé sur les cours. «Les importations chinoises de brut ont atteint un plus haut historique  à 8,6 millions de barils par jour en décembre, soit une hausse de 10% par rapport au même mois en 2015», ont souligné les analystes de JBC.
Dans ce contexte, il convient aussi de rappeler que le ministre de l’Energie, Noureddine Bouterfa s’est entretenu jeudi à Abu Dhabi en marge de l’Atlantic Council Global Energy Forum qui se déroule dans la capitale émirati, avec ses homologues d’Arabie saoudite, d’Irak et du Koweït ainsi que le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) en vue de la réunion du haut comité de monitoring prévue le 22 janvier à Vienne.
Rien n’est acquis alors que l’économie mondiale n’a pas retrouvé le chemin de la croissance et la bataille pour les parts de marché du pétrole engagée en 2014 n’est pas terminée. Et, il faut maintenir les efforts pour contraindre les parties prenantes dans l’accord de limitation de l’offre à respecter leurs engagements.