Hier, mardi, les cours du pétrole ont connu une petite hausse en cours d’échanges européens. Vers 15H GMT (16H HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait ainsi 61,33 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1,40 dollar par rapport à la clôture d’avant-hier lundi. Au New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» gagnait lui aussi 1,46 dollar à 53,45 dollars une heure après son ouverture. Ce léger frémissement des cours du brut sont interprétés comme un début des conséquences des sanctions imposées par les Etats-Unis contre le Venezuela et sa compagnie pétrolière PDVSA, accusée d’être «un véhicule de corruption». Leur impact reste pourtant modeste pour l’instant. Selon le ministre saoudien de l’Energie, Khalid Al-Falih, la situation politique au Venezuela ne se reflète pas sur le marché pétrolier qui reste toujours «très stable», mais les sanctions de Washington contre la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA pourraient faire grimper les prix sur un marché mondial dépendant du pétrole lourd exporté par Caracas, et le développement politique au Venezuela peut avoir des effets négatifs sur l’équilibre du marché du pétrole mondial. «Nous suivons les développements politiques qui peuvent avoir un effet sur l’équilibre du marché pétrolier», s’est exprimé, lundi dernier depuis Riyad, le ministre saoudien de l’Energie. Selon le Trésor américain, les sanctions qui interdisent à PDVSA de faire du commerce avec des entités américaines et gèlent ses avoirs à l’étranger ont pour objectif d’empêcher «le détournement de davantage de ressources» par le président Nicolas Maduro. Contrairement aux sanctions contre l’Iran, les Etats-Unis n’ont pour l’instant pas interdit aux autres pays de faire affaire avec le Venezuela. Mais Caracas, dont les coffres dépendent de ses réserves de brut, les plus vastes du monde, pourrait peiner à trouver des acheteurs pour écouler son pétrole lourd dont le manque s’est déjà répercuté sur les marchés où il se vend plus cher et pourrait aussi commencer à peser sur l’offre des autres types de produits pétroliers, ont prévenu les analystes de Commerzbank. Le Venezuela pourrait se tourner vers la Chine et l’Inde, selon les analystes de ING. Les deux géants asiatiques lui ont acheté en moyenne 300 000 barils par jour (b/j) chacun en 2018, contre plus de 500 000 b/j pour les Etats-Unis. «Mais pour la Chine, les exportations servent avant tout à payer la dette de Caracas, donc cela ne va pas générer de liquidités pour PDVSA», ont prévenu les analystes de ING. Hors le Venezuela, les raffineries américaines du Golfe du Mexique ont le plus à perdre, alors qu’elles sont spécialisées dans le mélange du pétrole lourd au brut plus léger produit aux Etats-Unis. Or, il va être difficile de trouver ce type de pétrole ailleurs. «Le Canada pourrait s’engouffrer dans cette brèche» avec ses sables bitumineux, ont suggéré les analystes de Commerzbank, qui reconnaissent que le voisin américain souffre d’un manque d’oléoducs et a même décidé, début décembre, de limiter sa production face à l’absence de débouchés pour sa production. Les sanctions de Washington contre la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA pourraient donc faire grimper les prix sur un marché mondial dépendant du pétrole lourd exporté par Caracas.