Ce rendez-vous, auquel prendra part le ministre de l’Energie et des Mines, Mustapha Guittouni, sera consacré au développement récent du marché pétrolier et, surtout, à l’évaluation des niveaux  de conformité des pays engagés dans l’accord de réduction de la production de l’or noir. Avant cette étape, une première réunion se tiendra dans le cadre du Comité technique mixte Opep-non Opep.

Composé des trois pays membres de l’Opep, à savoir l’Algérie, le Koweït et le Venezuela, et de deux pays non membres de l’Opep, en l’occurrence la Russie et Oman, le JMMC a été créé fin 2016 pour veiller à ce que les objectifs de la 171e conférence ministérielle de l’Opep, tenue durant la même période, et de la déclaration de coopération soient réalisés grâce à la mise en œuvre des ajustements volontaires de la production de pétrole des pays Opep et non Opep, signataires de l’accord de coopération, rappelle encore le ministère. En plus des 14 pays membres de l’Opep, 11 autres pays non-membres, menés par la Russie, ont participé, en décembre 2016, à un accord de réduction de la production de 1,8 million de barils par jour  dans le but de rééquilibrer un marché mondial alors en pleine déprime, avec un baril qui avait baissé à des niveaux alarmants pour l’équilibre financier des producteurs de brut. La mise en place du JMMC n’aura pas été vaine. Bien au contraire, ce comité a nettement contribué à l’équilibrage souhaité par l’Opep et ses partenaires en suivant de très près l’évolution du marché et en analysant l’impact de l’accord de production sur les prix du pétrole, tout en organisant des réunions périodiques et ponctuelles. Le tout sur fond de  contrôle du respect des quotas attribués à chaque  pays. Pour la première année de la signature de l’accord, c’est-à-dire à janvier 2018, le niveau de conformité mensuel des signataires a été de 107%, selon les chiffres livrés par le JMMC, ce qui témoigne du respect de l’engagement pris par ces derniers. Conjugué aux facteurs géopolitiques qui caractérisent constamment la scène politique internationale, à l’exemple de la tension actuellement au Moyen-Orient, cet engagement a d’ailleurs largement contribué au redressement des prix du pétrole et leur réorientation à la hausse, avec, au bout de l’effort de réduction, un baril qui s’est nettement réinstallé au-dessus des 65 dollars depuis plusieurs mois, avant d’atteindre son plus haut la semaine dernière, s’affichant au-dessus de 73 dollars, soit un record depuis décembre 2014. Pour rappel, lundi dernier, le Koweït et Oman ont appelé à la poursuite de la coopération dans le cadre de l’accord de réduction qui durera jusqu’à la fin 2018. Hier, le prix de l’or noir remontait en cours d’échanges européens par rapport à la clôture de la veille, alors que le marché était en attente des données hebdomadaires sur les stocks des Etats-Unis, que devait publier l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA). A la mi-journée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin valait 72,03 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 45 cents, alors que dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat de mai prenait 55 cents à 67,07 dollars. La veille, le prix du panier de référence du brut de l’Opep s’était établi à 68,36 dollars le baril, contre 68,41 la veille, a indiqué hier le cartel sur son site. Après que le conflit au Moyen-Orient se soit  apaisé, les marchés se focalisent à nouveau sur l’accord de limitation de la production de l’Opep et de ses  partenaires actuels, au nombre de dix. L’accord conclu en 2016 a permis de surmonter «le pire cycle dans  l’histoire du pétrole», a déclaré en début de semaine le secrétaire général de  l’Opep, Mohammed Barkindo.