Après la remontée effectuée en début de semaine, le pétrole améliorait ses gains mardi et hier, poussé par l’assouplissement des mesures sanitaires en Chine et le ralentissement de l’inflation aux Etats-Unis. Deux facteurs pesants dans l’orientation du marché de l’or noir, qui ont généré un regain d’optimisme chez des investisseurs par rapport à la demande mondiale.

Par Fereil Nourine
En fin de matinée, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en février, s’échangeait à 81,41 dollars à Londres, gagnant 0,90%. Sur le marché newyorkais, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en janvier, prenait 1,02%, à 76,16 dollars.
Dans la matinée de lundi, les deux références européenne et américaine avaient entamé la semaine dans la même atmosphère morose qui avait marqué la clôture de la semaine d’avant, avec des prix à leurs plus bas depuis 12 mois et nettement en recul par rapport aux sommets atteints au printemps dernier, suite au déclenchement de la guerre en Ukraine.
Les nouvelles économiques en provenance des Etats-Unis et de mesures sanitaires en Chine semblent donc être favorables aux cours qui reprennent du poil de la bête, gagnant plusieurs dollars entre mardi et mercredi.
Concernant l’inflation aux Etats-Unis, les données de novembre font état d’un taux de 7,1% sur un an contre 7,7 en octobre, alors que les analystes misaient sur 7,3%. Une bonne nouvelle pour le marché du brut, sachant que la demande d’énergie s’améliorera au cas où l’économie américaine arrive à éviter une récession.
Quant à la politique sanitaire «Zéro covid» appliquée en Chine, les autorités de ce pays avaient annoncé un plan d’assouplissement dont la fin des confinements à grande échelle, et l’arrêt des placements systématiques des personnes testées positives dans des centres de quarantaine.
Dans la continuité de ces premières mesures, Pékin a, par la suite, annoncé l’arrêt de la principale application anti-Covid de suivi des déplacements, utilisée pour vérifier si les habitants sont passés par une zone touchée.
«La Chine continue de s’ouvrir à un rythme rapide», ont constaté des analystes, et la démarche du premier importateur mondial de pétrole n’est pas sans provoquer un regain d’espoir chez les investisseurs pour une reprise économique, et donc pour la demande mondiale de brut.
L’assouplissement des règles Covid-19 la Chine a donc déjà eu ses premiers effets sur le marché pétrolier en faisant sortir les prix de leur torpeur. La révision des mesures sanitaires opérée par Pékin pourrait même permettre aux prix de gagner 15 dollars, selon les prévisions de de Goldman Sachs.
L’évolution des cours se fera dans cette tendance parce «la demande chinoise de pétrole pourrait augmenter de 1 million de barils par jour en moyenne de 2022 à 2023», a déclaré l’unité de recherche économique de la banque.
De son côté, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) continue à prévoir, pour 2022 et 2023, une croissance modérée de la demande de pétrole, avec une «économie mondiale possiblement en route vers la récession», a-t-elle indiqué dans son rapport mensuel publié hier.
La demande mondiale de pétrole devrait ainsi croître de 2,3 millions de barils par jour (mb/j) en 2022, alors qu’en 2023, la croissance devrait être ramenée à 1,7 mb/j, pour un total de 101,6 mb/j, estime l’AIE, évoquant «les vents économiques contraires, une économie mondiale possiblement en route vers la récession, et une Europe en pleine crise énergétique».
Du côté de l’offre, le volume a reculé de 190 000 barils/jour en novembre, pour un total de 101,7 mb/j, l’Opep+ ayant décidé en octobre de réduire ses quotas de production pour soutenir les prix du brut.
L’AIE s’attend à «une chute plus nette» encore de cette offre mondiale en décembre, avec l’entrée en vigueur de l’embargo européen et du plafonnement des prix décidés par le G7 sur le pétrole russe.
L’Agence, émanation de l’OCDE, entrevoit ainsi pour 2023 une croissance de l’offre de 770 000 barils/jour, pour une offre totale de 100,8 mb/j.
Avant l’AIE, c’est l’Organisation des pays exportateurs de pétrole qui avait rendu public, mardi, son rapport mensuel. L’Opep laisse inchangées ses prévisions de demande pétrolière mondiale. Partant, cette demande sera de 2,5 millions de barils par jour, a indiqué l’organisation
Pour l’année prochaine, elle baissera et se situera à 2,2 millions par jour, est-il prévu encore dans le même rapport. n