Le prix du pétrole de Brent, référence internationale du brut, a dépassé son plus haut de l’année avec les baisses de production de l’Opep et la crise au Venezuela, et se stabilisait hier en cours d’échanges européen. Lors des échanges asiatiques, le baril de Brent a franchi le seuil des 65 dollars pour culminer à 65,10 dollars, son plus haut depuis presque trois mois. Les cours semblent profiter surtout des baisses de production involontaires de l’Iran, de la Libye et du Venezuela. L’Iran et le Venezuela sont sous le coup de sanctions américaines qui affectent leurs exportations, tandis que la production en Libye est perturbée par le conflit armé qui secoue le pays. Dans ce contexte, le marché ne s’est pas préoccupé outre mesure des données des douanes chinoises. La Chine a importé 42,6 millions de tonnes de brut en janvier, contre 43,78 millions de tonnes en décembre. Il y avait des importations très fortes à la fin de l’année dernière, probablement dues à un effort des raffineries pour utiliser leurs quotas avant la fin de l’année. Les pays Opep et leurs alliés parmi les producteurs non Opep ont intérêt à maintenir cette tendance à la hausse et à contribuer à la renforcer davantage encore, tout en espérant que les cours augmenteront encore. Les prix du pétrole évoluent dans une fourchette étroite autour de 65 dollars le baril, un seuil dont la plupart d’entre eux ne peuvent s’accommoder, car, les petits producteurs ont besoin de prix beaucoup plus soutenus pour équilibrer leur budget. Or, il est peu probable que les cours s’envolent vers des sommets. Fini le temps où le baril grimpait à cent dollars. Les cours de l’or noir ont chuté de plus de 60%, depuis juin 2014. Cette dégringolade aussi brutale qu’inattendue, les experts ne l’ont pas vu venir. Que les prix fluctuent, cela relève de la nature même du marché, mais qu’il y ait effondrement de cet ampleur, dans une durée aussi courte, cela, spécialistes et pays producteurs n’y ont jamais pensé. Les pays producteurs, y compris l’Arabie saoudite, gros producteur de pétrole, espèrent ne jamais avoir à revivre cela. Le royaume a d’ailleurs baissé sa production de
350 000 barils par jour en janvier dernier dans le but d’équilibrer le marché. Cette baisse relativement importante est l’un des faits saillants du rapport de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) rendu public, mardi dernier. Ainsi, Riyad paraît avoir changé radicalement d’approche. Le royaume ne veut pas rouvrir les vannes pour inonder le marché. Pourtant, il a les moyens de le faire. Pour certains spécialistes, ceux qui continuent à dire que l’Arabie saoudite a provoqué la chute des prix du pétrole, ils le font à tort. Le royaume est ainsi lavé de tout soupçon ! Aux dires de beaucoup, le pays souhaite en fait reprendre son rôle de leadership et de régulateur des marchés. Le royaume intervenait pour réajuster l’offre pétrolière de l’Opep, pour stabiliser le marché, mais dont la remontée des cours profitaient aux non Opep, car, ils gagnaient sur les deux tableaux (sur les quantités qu’ils vendaient et sur les prix), alors que l’Arabie saoudite ne veut pas que des pays pétroliers, allusion faite au non Opep, chipent ses clients, grignotent sur ses parts de marchés en surproduisant. Son attitude posait problème et menaçait la raison d’être même de l’organisation pétrolière, dont l’objectif principal est la stabilité des prix. Cela semble avoir changé aujourd’hui, et Riyad s’est inscrite dans une nouvelle perspective, adoptant une nouvelle ligne de conduite. Si le royaume ne s’en écarte pas, à cause des calculs politiques, si la Russie, qui s’est jointe à l’Opep, continue ses efforts de manière durable à long terme, les cours vont continuer à augmenter.