Par Lyes Sakhi
Vendredi 14 mai 2021, à la clôture des marchés, les cours pétroliers ont repris du poil de la bête après avoir perdu plus de 3% la veille. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a terminé à 68,71 dollars à Londres, en hausse de 1,66 dollar, ou 2,47%, par rapport à la clôture de jeudi. A New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le mois de juin a gagné 1,55 dollar, ou 2,42%, à 65,37 dollars.
«Les semaines à venir verront probablement une demande d’essence plus forte» aux Etats-Unis, a expliqué Stephen Brennock, analyste de PVM. «De plus en plus d’Américains seront enclins à voyager grâce à l’augmentation des taux de vaccination. C’est particulièrement vrai à l’approche du week-end férié du Memorial Day», le 31 mai, qui marque traditionnellement le début de la saison des grands déplacements automobiles aux Etats-Unis, a-t-il ajouté. Selon les observateurs des marchés, la faiblesse du dollar, qui perdait 0,47% vers 20H GMT, face à un panier de monnaies, favorise également les cours du brut. Un billet vert plus faible rend, en effet, plus attractifs les achats de barils vendus en dollar pour les investisseurs munis d’autres devises.
Jeudi 13 mai, le Brent et le WTI avaient chuté alors que les opérations de Colonial Pipeline reprennent, a résumé M. Brennock, enlevant une prime de risque au marché. Colonial Pipeline, l’opérateur de l’immense oléoduc américain paralysé par une cyberattaque le week-end dernier, a relancé, jeudi soir, l’ensemble de son système et recommencé la livraison de carburants. Selon le site spécialisé sur les prix de l’essence Gas Buddy, quelque 14 000 stations-services manquaient encore d’essence dans le pays vendredi contre 16 200 avant la réouverture complète du système d’oléoducs, le plus important des Etats-Unis pour les produits raffinés. Colonial Pipeline transporte 45% des carburants depuis les raffineries autour du Golfe du Mexique vers la côte Est américaine à travers plus de 8 800 km de pipelines
D’après les analystes, les marchés pétroliers devraient rester sur une tendance de retour à l’équilibre. Un an après le début de la pandémie, les stocks mondiaux sont revenus à des niveaux «plus normaux», rappelle le dernier rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En mars, ils étaient de 1,7 million de barils/jour par rapport à leur moyenne des cinq dernières années. Avec la levée des restrictions de circulation en Europe et aux Etats-Unis, les stocks devraient poursuivre leur baisse en juin. Et ce, malgré l’augmentation progressive de la production de l’Opep+. Lors de sa dernière réunion, l’organisation des exportateurs de pétrole et ses alliés ont prévu de remettre sur le marché 2 millions de barils par jour supplémentaires d’ici juillet. «Selon le scénario de production actuelle de l’Opep+, l’offre ne devrait pas augmenter suffisamment vite par rapport à la reprise attendue de la demande», estime l’AIE dans son rapport. L’avancement rapide de la campagne de vaccination aux Etats-Unis et en Europe devrait permettre à nouveau de voyager et soutenir la demande de pétrole à partir de l’été. Dans son rapport mensuel d’avril, l’Opep affiche son «optimisme» pour le second semestre, qui avance les mêmes projections que l’AIE, avec une demande mondiale de pétrole de 96,5 millions de barils/jour en moyenne sur l’année. Fin 2021, la demande mondiale devrait être proche des 100 millions de barils par jour, son niveau d’avant-crise. n