Mercredi dernier, à l’issue de la 20e réunion par visioconférence du Comité ministériel mixte de suivi Opep/non Opep (JMMC), les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs partenaires de l’Opep+ ont décidé de maintenir leur décision d’alléger leur réduction de l’offre de brut. Les coupes de production passeront ainsi de 9,6 millions de barils par jour (mbj) «à un total de 8,1 à 8,2 mbj en août» selon les calculs du ministre saoudien de l’Energie, le prince Abdelaziz ben Salmane, qui correspondent aux 7,7 mbj inscrits dans le calendrier initial plus les compensations espérées des pays n’ayant pas encore respecté leurs quotas.

Après l’examen du niveau de respect des engagements de baisse de la production des pays signataires de la Déclaration de Coopération pour le mois de juin 2020, les membres du JMMC ont relevé avec satisfaction que le taux de conformité global avait atteint 107 % en juin contre un taux de 87 % en mai. Ainsi l’Opep+ semble avoir le marché sous contrôle à l’heure actuelle, alors que les ministres saoudien et russe de l’Energie ont exprimé leur confiance dans le fait que le marché pourrait absorber la production supplémentaire en raison de l’amélioration de la demande.
Il n’empêche que des questions importantes demeurent, selon les analystes. «Les pays respecteront-ils leurs quotas ? Les retardataires vont-ils réellement mettre en oeuvre les réductions promises ? A quelle vitesse le cartel pourra-t-il réagir si les perspectives de la demande se détériorent à nouveau ?» s’interroge l’expert Eugen Weinberg de Commerzbank dans une note.
Pour le ministre algérien de l’Energie, Abdelmadjid Attar, qui préside au nom de l’Algérie la conférence de l’Opep jusqu’à la fin de l’année, la réponse est dans la capacité des pays de l’Opep+ à poursuivre ce qu’ils ont commencé depuis la déclaration de juin dernier : rester unis pour le contrôle de l’offre énergétique et peser pour que le marché ne perde pas de sa stabilité actuelle, en attendant que la crise sanitaire cesse d’être un paramètre décisif dans la demande en pétrole.
Pour M. Attar, qui s’est exprimé peu après la réunion de l’Opep+, mercredi dernier, il est «important que les pays de la Déclaration de Coopération continuent de respecter pleinement leurs engagements de baisse de la production afin de restaurer la stabilité et l’équilibre du marché pétrolier international, et que le mécanisme de compensation soit mis en œuvre, car c’est un important gage de crédibilité de l’accord».
Engagement et discipline : clé du marché, selon Alger
Selon un communiqué du ministère de l’Energie, M. Attar insiste sur les capacités de «résilience» de l’Opep+ pour éviter un effondrement du marché. Il estime que «face à la propagation de la pandémie de la Covid-19 et ses répercussions négatives sur la demande pétrolière mondiale, l’Opep et ses partenaires ont fait preuve de résilience et d’abnégation afin d’éviter un effondrement catastrophique du marché pétrolier international». Il fait également observer «qu’avec la mise en œuvre de l’accord du 12 avril 2020, la situation du marché pétrolier international s’est améliorée au cours des dernières semaines». Ce satisfecit vaut aussi pour son caractère d’encouragement et d’incitation au respect des engagements de baisse de la production, seule clé du marché en attendant qu’une solution à la crise sanitaire soit trouvée et que ses conséquences sur l’économie mondiale s’estompent. Les pays qui n’ont pas respecté pleinement leurs engagements se sont d’ailleurs formellement engagés à opérer des réductions supplémentaires pour compenser tout le surplus de production avant la fin du mois de septembre prochain.
Mercredi, les pays du JMMC ont relevé qu’au premier semestre, les stocks pétroliers mondiaux ont augmenté à un rythme élevé, sans précédent, mais que l’accord de réduction de production des pays Opep+ permettra de corriger progressivement cette situation dès le début du second semestre. Une prévision positive qui s’ajoute à l’annonce d’un vaccin en vue contre la Covid-19. La biotech américaine Moderna a, en effet, annoncé plus tôt dans la semaine écoulée qu’elle entrerait le 27 juillet dans la phase finale de ses essais cliniques d’un vaccin afin d’en tester l’efficacité dans des conditions réelles.
Il est à noter qu’outre les pays du JMMC (Algérie, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Irak, Koweït, Nigeria et Venezuela pour l’Opep et Russie et Kazakhstan pour les pays non Opep), Angola, Guinée Equatoriale, Gabon et Soudan Sud ont participé également à la réunion de mercredi.<