La production américaine de brut ne faiblit point. La hausse du nombre de puits actifs aux Etats-Unis fait planer un climat d’inquiétudes sur les marchés et remet au goût du jour les appréhensions quant à un rééquilibrage qui pourrait tarder plus que prévu. Avec dix puits actifs de plus aux États-Unis par rapport à la semaine précédente, la production américaine, qui évolue déjà à des niveaux records, pourrait encore augmenter dans les mois à venir et compenser les efforts de l’Opep et ses alliés, investis dans une tentative de rééquilibrer le marché au moyen d’une baisse de la production. La baisse, ces dernières semaines, du nombre des plateformes de production aux Etats-Unis, n’était donc que de courte durée. Les analystes s’attendent à ce que l’activité de forage reprenne de plus belle dans les prochains mois, puisque il y a de nombreux puits déjà forés mais qui ne sont pas complètement prêts à être utilisés. Avec le rebond des cours au premier trimestre de l’année, il y a de fortes chances que ces forages soient exploités, étant donné que la hausse des cours du brut rend leur rentabilité plus importante. Selon Baker Hughes, le nombre de puits de forage en activité a bondi de 10, s’établissant à 862 plateformes ; la hausse des prix du brut renforçant l’optimisme des producteurs américains. Les cours ont progressé de 16% cette année alors que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés commencent à réduire leur production afin de dissiper les craintes d’une surabondance de l’offre. Néanmoins, la production américaine, qui n’a cessé de battre les records, l’augmentation des stocks et la poursuite de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ont limité les gains. Les discussions entre les deux plus grandes économies mondiales qui devraient reprendre cette semaine pourraient permettre au brut de sortir de sa fourchette étroite. Hier, sous l’effet d’une production américaine qui évolue à vive allure, les deux références, le Brent et le WTI, ont respectivement chuté de 1,56 et 1,77 dollars, vers 16h00 GMT, effaçant une partie des gains grappillés depuis quelques semaines. Le marché gardait par ailleurs un œil sur le Venezuela, où le président autoproclamé, Juan Guaido, a appelé à deux nouvelles manifestations, mercredi et samedi, pour faire basculer l’armée, principal soutien du président élu Nicolas Maduro, et accompagner l’ultimatum européen en faveur d’élections libres. Le Venezuela, membre de l’Opep qui assure la présidence de l’Organisation depuis le 1er janvier, pourrait pousser les prix vers le haut si la crise politique dans lequel le pays est empêtré venait à s’aggraver. Nicolas Maduro a coupé les ponts avec les États-Unis, ce qui pourrait pousser Washington à sanctionner l’industrie pétrolière, mais le pays a tenté, samedi, de calmer le jeu avec Washington en renonçant à un ordre visant à expulser tous les diplomates américains. Maduro a déclaré lors d’une interview avec CNN-Turk qu’il resterait un petit nombre de diplomates américains au Venezuela, tout en critiquant le secrétaire d’Etat américain Michael Pompeo, qui a exhorté les autres nations à «choisir un camp» entre Maduro et ses adversaires. Pendant ce temps, les hedge funds sont de plus en plus optimistes quant aux perspectives du pétrole. Ils ont augmenté de 17% leurs paris sur la hausse des prix du Brent. Les paris sur les ventes à découvert ont chuté de 36% ce mois-ci, ce qui représente la plus forte baisse en trois semaines depuis environ un an. n