Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, se veut optimiste quant à l’efficacité de la décision prise le 7 décembre dernier à Vienne par les 25 pays producteurs qui se sont engagés à réduire leur offre de 1,2 million de barils par jour. Hier, lors d’un point de presse tenu en marge de sa rencontre avec des cadres de la Société algérienne de l`électricité et du gaz (Sonelgaz),

il a indiqué que les résultats de l’accord sur la baisse de la production, signé à Vienne entre l’Opep et ses partenaires producteurs non Opep, seront palpables à la fin du premier trimestre 2019. «Nous devons attendre la fin du premier trimestre 2019 pour constater les résultats escomptés du nouvel accord sur la baisse de la production», a déclaré Mustapha Guitouni. Le ministre fait allusion à la réunion d’évaluation du comité de monitoring conjoint, dont la date n’a pas été encore fixée, mais qui devrait évaluer l’impact des décisions du 7 décembre dernier sur le marché. Cette réunion examinera également la situation des fondamentaux du marché et l’évolution des prix afin de faire des propositions à la prochaine réunion ministérielle des membres de l’Opep et de leurs alliés non-Opep. Mustapha Guitouni semble être convaincu que les cours rebondiront dès le premier trimestre de l’année prochaine, alors que nombre d’analystes et d’investisseurs écartent la probabilité d’un retour du marché à l’équilibre dès les premiers mois de 2019. «Les prix du pétrole connaîtront, avant avril prochain, une hausse oscillant entre 65 et 70 dollars/baril», prévoit le ministre de l’Energie. Les membres de l’Opep se réuniront avec les pays producteurs non Opep en avril 2019 pour évaluer l’impact de l’accord de la baisse de production sur le marché, a-t-il fait, ajoutant que «si la situation exige une nouvelle baisse, nous le ferons». Le ministre ne fait qu’apporter de l’eau au moulin de ses homologues du Golfe, dont le ministre de l’Energie des émirats arabes unis et actuel président en exercice de l’Opep, qui avait déclaré la semaine dernière depuis le Koweït que si une autre réduction de la production venait à s’imposer aux producteurs ces derniers prendront les mesures nécessaires au moment opportun. Après plusieurs semaines de baisse des cours, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), et son partenaire russe, semblent avoir saisi l’urgence de la situation, n’écartant pas une possible réunion extraordinaire pour prendre de nouvelles mesures et limiter les risques de surabondance de l’offre de brut sur le marché. Même si une réunion d’évaluation est déjà prévue en avril, les producteurs n’écartent plus l’éventualité d’une autre action coordonnée si la situation ne s’améliore pas et que les finances de ces pays continuent à se dégrader. Considérant qu’un prix de 65 à 70 dollars/baril était «correct» aussi bien pour les producteurs, les investisseurs que pour les consommateurs, Mustapha Guitouni a relevé un ralentissement de la demande sur le marché mondial en raison de plusieurs facteurs, dont la guerre commerciale entre les Etats- Unis et la Chine. Pour rappel, à l’issue de la réunion de décembre dernier, l’Opep avait convenu avec les pays producteurs non-Opep, dont la Russie, d’une baisse de leur production de 1,2 million de barils par jour (mbj) à partir du 1er janvier 2019, répartie entre 800 000 barils pour l’Opep (377 000 barils par l’Arabie saoudite) et 400 000 barils/jour pour les pays non Opep partenaires dans l’accord. Cet accord est intervenu suite à l’engagement des 15 pays membres de l’Opep à baisser leur production à hauteur de 3%, alors que les dix (10) pays partenaires dans l’accord se sont engagés à réduire leur production de 2,2 %. L’Iran, le Venezuela et la Libye sont exclus de l’accord vu les difficultés qu’ils rencontrent dans la production de leurs parts habituelles. Cette décision n’a pas réussi pour autant à stabiliser un marché qui vire à la déprime, le Brent cédant 35% de sa valeur depuis début octobre, alors que la référence américaine en a perdu 40%. Après plusieurs semaines de baisse.