Face à l’évolution mitigée qui caractérise les cours du pétrole, ces toutes dernières semaines, sur fond d’apparition de la quatrième vague de Covid-19 dans certains pays, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires n’excluent pas une reconsidération de l’augmentation de leur production décidée du mois d’août jusqu’à fin 2021.

Par Feriel Nourine
Elle porte, pour rappel, sur 400 000 barils par jour (bpj) que les pays membres de l’alliance Opep+ avaient pu dégager après un blocage des discussions, suite aux réserves formulées par les Emirats arabes unis concernant son quota dans le cadre de la production globale de l’Opep.
Cependant, le marché de l’or noir ne semble pas évoluer comme l’auraient souhaité les pays membres du cartel. Et ces derniers, avec leurs alliés de l’Opep+, pourraient bien ressortir la carte de la prudence lors de leur réunion mensuelle, prévue ce mercredi, pour faire une évaluation de cette évolution. C’est du moins ce que laisse entendre le ministre koweïtien du Pétrole, Mohammad Abdulatif al-Fares. «Les marchés ralentissent et étant donné que la Covid-19 a entamé sa quatrième vague dans certaines régions, nous devons être prudents et reconsidérer cette augmentation», a-t-il déclaré, hier, à l’agence britannique Reuters. M. Farès ne s’arrêtera pas à cette déclaration et ajoutera qu’«il pourrait y avoir un arrêt de l’augmentation de 400 000 bpj».
La thèse développée par le ministre koweïtien du Pétrole risque néanmoins de ne pas convaincre l’ensemble des autres pays impliqués dans l’accord de réduction de l’Opep+, mis en place en avril 2020, avant de connaître une série d’assouplissements progressifs visant à remettre dans le marché des quantités supplémentaires pour satisfaire une demande mondiale repartie à la hausse. En effet, les membres de l’Opep+ viennent à peine de sortir d’un blocage de discussions qui a failli mener l’alliance à l’impasse, ces derniers ne semblant pas près de repartir vers une remise en cause de l’augmentation dégagée le 18 juillet dernier. Une remise en cause qui risquerait de rallumer une nouvelle fois certaines divergences dans les rangs de l’alliance, alors que la coopération à valeur de consensus reste vitale pour l’équilibre des prix. De plus, la situation actuelle du marché pétrolier ne plaide pas forcément pour une reconsidération de l’augmentation décidée en juillet dernier. En témoignent les indices en provenance du marché lors de la semaine dernière. Laquelle s’est clôturée, vendredi, avec des résultats plutôt avantageux pour les pays producteurs et, partant, plaident pour le maintien de cette augmentation. Comprendre que les deux contrats de référence viennent de boucler leur semaine record sur une année et ce, après avoir engrangé 10% de gain entre lundi et vendredi derniers. Porté par l’optimisme concernant la demande et les perturbations de l’offre dans le Golfe du Mexique, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a clôturé la semaine à 72,70 dollars à Londres, alors que le West Texas Intermediate (WTI), pour le même mois a terminé à 68,74 dollars.
«Entre la tempête Ida, l’incendie d’une plateforme dans le Golfe du Mexique, l’amélioration de la demande aux Etats-Unis et en Asie, tout a concordé pour une semaine très positive», a commenté James Williams, de WTRG Economics. Il a relevé que ce renversement de tendance des cours du brut cette semaine faisait écho «à l’énorme repli de la semaine d’avant». L’incendie d’une plateforme pétrolière, en début de semaine dernière, dans le Golfe du Mexique, a contraint le groupe Pemex à interrompre l’exploitation des 125 puits de la zone. Un retour à la normale a été annoncé vers le 30 août par le patron de Pemex. Mais la production dans le Golfe du Mexique pourrait aussi être perturbée par le neuvième événement climatique de la saison, qui a pris le nom d’Ida.