Pour le marché pétrolier, l’année 2021 commence par une réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires. Dans le cadre de leurs rencontres mensuelles prévues à partir du mois en cours, les membres de l’Opep+ se retrouvent demain pour un nouveau rendez-vous par visioconférence qui sera principalement inscrit dans le cadre de la démarche attentive adoptée par l’alliance en matière de suivi de l’évolution de ce marché.
Ainsi, après avoir opté, début décembre dernier, pour un ajustement de son accord de réduction via une augmentation graduelle des volumes prévus pour ce mois de janvier, l’Opep+ examinera, ce lundi, la situation du marché de l’or noir pour prendre une décision pour le mois de février. Pour rappel, la décision prise lors de la dernière réunion prévoyait une augmentation de la production de l’alliance par tranches de 500 000 barils par jour à partir du début de 2021, au lieu des 1,9 million de barils par jour prévus par l’accord conclu en avril dernier. Lequel accord portait sur des coupes de 9,9 mbj pour mai et juin derniers (prolongées sur juillet), puis de 7,7 mbj entre août et décembre, avant de passer à 5,8 mbj.
Mais face à un marché qui reste fortement menacé par la pandémie de la Covid-19, les membres de l’alliance ont préféré jouer la carte de la prudence et de la vigilance pour éviter les scénarios catastrophiques qui ont marqué l’évolution des cours durant le printemps dernier, mais aussi durant les premières semaines de l’automne. Même les prix de cette période étaient assez loin du gouffre où ils avaient plongé en mars et avril, avant que l’accord de l’Opep+ ne vienne limiter les dégâts causés à ces cours par les mesures sanitaires anti-coronavirus.
L’alliance préfère ne pas baisser la garde même si les prix ont effectué une remontée assez remarquable depuis début novembre dernier, sous l’effet salvateur des annonces de vaccins contre la Covid-19 suivies des premières campagnes de vaccination massives dans certains pays. Entre-temps, les pays de l’Opep+ sont restés attentifs au marché en faisant valoir le rôle de stabilisateur de l’alliance, et cette stratégie a, elle aussi, pesé dans le rebond réussi par le baril sur les deux derniers mois. Jeudi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars, dont c’était le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, a terminé l’année 2020 à 51,80 dollars, en hausse de 0,33% par rapport à la clôture de mercredi, alors que le baril américain de WTI pour le mois de février a progressé de son côté de 0,24% ou 12 cents, à 48,52 dollars. Les marchés rouvrent aujourd’hui après un long week-end (vendredi férié), et les investisseurs auront sans doute l’oreille à l’écoute de la réunion de l’Opep+ dont les discussions pourront peut-être compter sur la convergence de points de vue entre l’Arabie saoudite et la Russie, affichée il y a une quinzaine de jours en prévision de ce rendez-vous.
Le chef de file de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et son égal au sein des pays non Opep engagés dans l’accord de réduction de la production pétrolière avaient affiché leur unité autour de la décision de limiter à 500 000 barils par jour l’augmentation de la production de l’alliance en janvier, contre près de 2 millions initialement prévus.
«La charte de coopération de l’Opep+ nous a rassemblés et a apporté de bons résultats (…) C’est pour cette raison qu’elle doit continuer (…)», a déclaré, à ce propos, le ministre saoudien de l’Energie Abdelaziz ben Salmane, lors d’une conférence de presse organisée suite à une réunion avec le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, chargé du secteur énergétique.
Ce dernier a abondé dans le même sens en inscrivant son intervention dans le cadre de la coopération. «Nous avons confirmé une nouvelle fois notre loyauté envers les accords en vigueur aujourd’hui», a-t-il déclaré. «Nous envisageons de travailler ensemble afin d’aboutir à un équilibre de la situation sur le marché», a-t-il ajouté. <