Les prix du pétrole cédaient du terrain hier lundi après une semaine de forte hausse, les investisseurs se montrant attentifs aux conséquences sur la production américaine du passage de l’ouragan Ida avant le très attendu sommet de l’OPEP+ mercredi.
Vers 09H55 GMT (11H55 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre valait 72,49 dollars à Londres, en baisse de 0,29% par rapport à la clôture de vendredi.
A New York, le baril américain de WTI pour le même mois perdait de son côté 0,73% à 68,24 dollars.
Les cours des deux références du brut de part et d’autre de l’Atlantique ont affiché vendredi des gains hebdomadaires records en 2021, de plus de 10%. Les investisseurs «surveillent de près» lundi les dégâts de l’ouragan Ida «qui s’abat sur les États américains du golfe du Mexique», relève Jeffrey Halley, analyste de Oanda.
Classé en catégorie 4 lorsqu’il a touché terre dimanche peu avant 17H00 GMT, l’ouragan s’est cependant affaibli dans la nuit de dimanche à lundi, a indiqué le Centre national des ouragans (NHC) dimanche dans son bulletin de début de soirée.
«Les premières évaluations semblent indiquer que les installations de production de pétrole brut dans le golfe du Mexique ont pour la plupart échappé aux dommages», a précisé Bjarne Schieldrop, de Seb.
L’ouragan a cependant entraîné l’arrêt de 95% de la production pétrolière américaine du Golfe du Mexique, selon le Bureau de régulation de l’environnement et de la sécurité (BSEE) dans un communiqué publié sur son site dimanche. Les investisseurs sont par ailleurs tournés vers le sommet de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de ses alliés via l’accord OPEP+, qui se tiendra par visioconférence demain mercredi.
Le cartel de producteurs emmené par l’Arabie saoudite et la Russie doit évaluer sa politique actuelle, décidée le 18 juillet, à savoir continuer à augmenter modestement sa production après l’avoir drastiquement réduite l’an dernier pour contrecarrer la chute de la demande et des prix.
L’Opep+ devrait opter pour le statu quo lors de sa réunion de demain en confirmant la légère augmentation de production prévue à partir de septembre, ont déclaré à propos trois sources à Reuters. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, parmi lesquels la Russie, se réuniront le 1er septembre pour discuter de l’augmentation de 400.000 barils par jour (bpj) convenue précédemment pour les mois à venir.
L’administration Biden avait exhorté il y a trois semaines l’OPEP+ à accroître davantage leur production de pétrole afin de contrer la hausse des prix, perçue comme une menace à la reprise économique mondiale.
Les sources au sein du cartel ont fait savoir que la hausse récente des cours était provisoire, principalement due aux perturbations de l’offre au Mexique et au passage de l’ouragan Ida dans le golfe du Mexique.
Le Brent, qui reculait de 0,59% à 72,27 dollars le baril lundi à 09h30 GMT, a pris plus de 11% la semaine dernière. «Les prix actuels du pétrole autour de 70 dollars sont corrects. L’OPEP+ va probablement rester sur sa décision d’augmenter de 400.000 bpj la production», a déclaré une source.
Une autre source a déclaré qu’il était «très probable» que cette augmentation de l’offre prévue se fasse à partir de septembre.
Le ministre koweïtien du Pétrole, Mohammad al-Fares, a déclaré dimanche à Reuters que l’OPEP+ discuterait cette semaine de la nécessité de maintenir l’augmentation prévue ou de la suspendre, ajoutant que certains pays d’Asie, parmi lesquels la Chine, étaient toujours affectés par la pandémie de COVID-19 et qu’il fallait faire preuve de prudence.
Il a fait savoir par la suite à l’agence de presse KUNA que le Koweït soutenait toute décision prise par les ministres de l’OPEP+ sur la base d’un consensus. n