Par Hakim Ould Mohamed
Le marché pétrolier a été défini, en juillet, par trois caractéristiques essentielles et non des moindres, à savoir la hausse de la production de l’Opep, le respect des promesses de réduction de l’Opep+, qui passe désormais à 115%, et l’augmentation de l’offre saoudienne de plus de 400 000 barils par jour. Ces indicateurs sont la promesse on ne peut plus franche d’un marché qui se rééquilibre au fur et à mesure que la demande mondiale progresse dans une conjoncture de confiance, maintes fois exprimée par les acteurs du marché.
La production de pétrole de l’Opep a, en effet, augmenté en juillet pour atteindre son plus haut niveau depuis avril 2020, alors que le groupe assouplissait davantage les restrictions de production dans le cadre d’un compromis conclu avec ses alliés parmi les producteurs non-Opep. En chiffres, une enquête de Reuters fait constater que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole a pompé 26,72 millions de barils par jour (bpj), en hausse de 610 000 bpj par rapport à l’estimation révisée de juin. L’Opep et ses alliés, connus sous le nom d’Opep+, ont levé le pied de manière progressive sur les réductions de production record entamées depuis avril 2020, alors que la demande et l’économie se redressent continuellement. Avec des prix du pétrole atteignant un plus haut depuis 2 ans et demi, l’Opep+ a décidé, ce mois-ci, de nouvelles hausses à partir d’août. Il s’agit d’injecter sur le marché une moyenne de 400 000 barils par jour à compter de ce mois et ce jusqu’à la fin de l’année en cours. Ces hausses obéissent à l’objectif d’accompagner les prévisions d’une croissance robuste de la demande mondiale au second semestre de l’année. L’accord de l’Opep+ permet une augmentation de 360 000 b/j de la production de l’Opep en juillet par rapport à juin, tandis que l’Arabie saoudite s’était engagée à ajouter 400 000 b/j comme étape finale d’un plan visant à mettre fin à une réduction volontaire de 1 million de b/j qu’elle a effectuée en février, mars et avril. L’Opep, qui compte 13 membres, a légèrement pompé au-dessous de ses quotas cumulés ces derniers mois, alors que l’adhésion des membres aux réductions promises a diminué. La conformité de l’Opep avec les réductions promises était de 115% en juillet, contre une révision de 118% en juin, lit-on dans l’enquête de Reuters. Celle-ci fait état, par ailleurs, d’une augmentation nette de la production de l’Arabie saoudite en juillet ; le royaume wahhabite ayant pompé 460 000 b/j supplémentaires en juillet dans le cadre d’un plan visant à mettre fin à sa réduction volontaire et à augmenter sa production dans le cadre du dernier accord de l’Opep+. La deuxième plus forte augmentation de la production est venue des Emirats arabes unis qui ont ajouté 40 000 b/j supplémentaires conformément à leur nouveau quota. Le Koweït et le Nigeria ont chacun ajouté 30 000 b/j, selon l’enquête de Reuters, tandis que la production du deuxième producteur de l’Opep, l’Irak, a légèrement augmenté de 20 000 b/j. L’Iran, qui a réussi à augmenter ses exportations depuis le quatrième trimestre de 2020 malgré les sanctions américaines, n’a pas fourni de nouvelles quantités au marché ce mois de juillet, selon l’enquête. L’Iran est exempté des restrictions d’approvisionnement de l’Opep en raison des sanctions américaines qui pèsent sur son secteur pétrolier. Un responsable américain a déclaré la semaine dernière que les Etats-Unis envisageaient de réprimer les ventes de pétrole iranien à la Chine, la principale destination. Les pourparlers avec les puissances mondiales pour relancer l’accord nucléaire de Téhéran de 2015 sont suspendus. Parmi les autres producteurs exemptés de restrictions, le Venezuela a réussi à pomper davantage tandis que la production libyenne était stable. Les cours du pétrole ont terminé en hausse, vendredi, sur la foi de nouveaux chiffres américains qui témoignent de la robustesse de la demande, avec une offre toujours maîtrisée. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, dont c’était le dernier jour de cotation, a terminé en hausse de 0,37% ou 28 cents, à 76,33 dollars, à Londres. A New York, le baril de WTI américain pour le même mois a lui gagné 0,44% ou 33 cents à 73,95 dollars. Sur la semaine, le Brent a gagné 3%, tandis que le West Texas Intermediate a progressé de 2,60%. n