Les producteurs de pétrole siégeant dans l’OPEP+ ont augmenté à 116% le taux de leur conformité avec les réductions de la production en août, contre 109% en juillet.

Par Hakim Ould Mohamed
L’OPEP a vu sa production de pétrole brut augmenter de 150 000 barils par jour (bpj) en août, en-deçà des estimations des analystes et des traders, voire au-dessous du quota global de l’OPEP prévu dans l’accord de réduction de l’offre. Selon des estimations fournies par Reuters, citant des sources de l’OPEP, la production totale de pétrole brut des 13 membres de l’Organisation était en moyenne de 26,76 millions de bpj en août. La production d’août était supérieure de 150 000 bpj à la production de brut de juillet, étant donné la hausse de la production décidée par l’alliance OPEP+ en juillet. Cependant, malgré une production plus élevée, l’OPEP pompait en août à environ 10% en dessous de son quota global pour les 10 membres liés par le pacte OPEP+, en raison de pannes et de difficultés techniques enregistrés dans certains pays membres comme le Nigeria et l’Angola. La Russie, premier producteur du groupe des pays non-OPEP siégeant dans l’alliance OPEP+, a vu sa production de pétrole brut et de condensats légèrement baisser à 10,43 millions de b/j en août contre 10,46 millions de b/j en juillet, selon les estimations de Reuters basées sur les données du ministère russe de l’Énergie. La source n’a fourni aucune explication sur la cause de la baisse de la production russe de pétrole et de condensats. La production de condensats de la Russie, estimée entre 800 000 b/j et 900 000 b/j, n’est pas soumise à l’accord OPEP+, mais Moscou ne communique pas de chiffres séparés pour la production de condensats et de brut. Au cours des deux premières semaines de septembre, cependant, Bloomberg a, en revanche, estimé que la Russie a augmenté sa production de pétrole, citant des données du gouvernement consultées par l’agence. Même si, globalement, l’OPEP+ a réussi à augmenter légèrement sa production en août, le sous-investissement et les travaux de maintenance ont entravé la capacité du groupe à rehausser davantage son offre. Celle-ci pourrait être insuffisante pour répondre à la demande mondiale croissante de pétrole, a suggéré Reuters. La demande mondiale de pétrole a récemment atteint des niveaux presque record, alors que l’activité mondiale s’accélère malgré la pandémie. En réponse, l’OPEP+ a accepté d’augmenter la production de pétrole à partir d’août de 400 000 bpj supplémentaires chaque mois. Mais tous les producteurs n’ont pas répondu à l’appel. En plus de la baisse de la production de la Russie, l’Angola, le Nigeria et le Kazahkstan n’ont pas été en mesure d’augmenter leur production de pétrole pour répondre à la demande. Dans le cas du Kazakhstan, cela était dû à la maintenance de son champ de Tengiz, alors que pour l’Angola et le Nigeria, des années de sous-investissement dans leur industrie pétrolière les ont rendus incapables de répondre rapidement à une demande accrue. Pendant ce temps, la production américaine a également été entravée par l’ouragan Ida. La production a baissé de 1,5 million de bpj ces dernières semaines. Cela n’a pas empêché le ministre irakien du Pétrole, Ihsan Abdeldjabbar de chanter son optimisme, estimant que si tout se passe comme prévu, le marché restera en équilibre jusqu’au premier trimestre 2022, avec le Brent à 70 dollars le baril, si l’OPEP+ venait à s’en tenir à son plan. Cependant, les plus grands consommateurs de pétrole, à l’instar de la Chine et l’Inde, continent de plaider en faveur d’une hausse de la production afin de répondre à la demande de plus en plus croissante. La Chine fait face néanmoins à un autre casse-tête, mais non des moindres, à savoir la hausse de l’inflation qui a atteint un record en treize ans. Selon les autorités chinoises, l’insuffisance de l’offre mondiale en pétrole et la hausse des prix sur le marché mondial alimentent, en partie, les tensions inflationnistes auxquelles fait face l’économie chinoise. n