Les données publiées hier en fin de journée par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) indiquent que les stocks américains de pétrole brut ont fortement augmenté la semaine dernière, les raffineries ayant réduit leur production. En chiffres, les stocks de brut ont augmenté de 6,5 millions de barils à 494,76 millions.

Une hausse importante que même les économistes et les cabinets spécialisés n’ont pas été en mesure de prévoir, tablant plutôt sur des estimations proches de 3 à 3,5 millions de barils. Les stocks d’essence ont augmenté de 3,9 millions de barils à 257,09 millions, bien plus que la hausse de 1,0 million prévue par les économistes. Les réserves de produits distillés, qui incluent le fioul domestique, ressortent en hausse de 3,9 millions de barils alors que le marché anticipait une baisse de 903 000.
Les analystes et investisseurs scrutaient attentivement les informations provenant de l’Agence américaine d’information sur l’énergie, indicatives de l’état de santé de la production américaine. C’est aussi un élément de taille dont l’impact sur les cours n’est plus à démontrer, s’érigeant désormais en parfaite menace susceptible de saper les efforts consentis par l’Opep et ses partenaires pour la stabilisation du marché pétrolier. Durant la journée d’hier, les craintes quant à une nouvelle augmentation des réserves de pétrole aux Etats-Unis ont été plus que jamais vives. Ces appréhensions ont été alimentées tout au long de la journée par la prévision médiane d’analystes sondés par l’agence Bloomberg qui, selon eux, les réserves de pétrole brut devraient s’être étoffées de 3 millions de barils.
Les investisseurs se sont montrés également attentifs au niveau de la production américaine qui fait l’objet de toutes les spéculations, voire de toutes les craintes. En effet, depuis fin septembre, alors que l’Opep négociait un accord à Alger sur la limitation de son offre, la production américaine reprenait déjà du poil de la bête, à la faveur d’un prix du baril plus élevé rendant de nouveau rentable l’exploitation de certains gisements de pétrole de schiste.
Dernier indice en ce sens, le nombre de puits de forages en activité a encore augmenté la semaine passée marquant un plus haut niveau depuis 2015. L’activé de forage aux États-Unis a progressé de plus de 6% depuis la mi-2016, à un niveau qui avait été atteint vers la fin de l’année 2014, lorsqu’une importante production de brut américain a contribué à la chute des prix. Malgré cet élan qu’a pris la production américaine, les analystes restent néanmoins partagés sur le fait de savoir si la hausse de la production américaine sera d’ampleur suffisante pour effacer les efforts de réduction de l’offre réalisés par l’Opep et ses partenaires dont la Russie. « Même avec les puits en plus, il faudra du temps aux producteurs américains de pétrole de schiste pour rattraper les réductions de la production de l’Opep », a ainsi estimé Phil Flynn de Price Futures Group. Malgré cette importante hausse des stocks américains, les prix du brut maintenaient hier leur tendance haussière de la journée, profitant d’un dollar qui reculait face à la monnaie européenne.
Le brut pour livraison en mars sur le New York Mercantile Exchange a progressé de 70 cents ou 1,33% à 53,51 dollars le baril à 17h40. Le Brent pour livraison en mars sur le ICE Futures Exchange de Londres a gagné quant à lui 83 cents ou environ 1,49% à 56,41 dollars le baril.