Les cours du pétrole poursuivaient, hier, leur hausse et gagnaient encore plus en valeur marchande après la publication, par l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA) d’un recul pour la deuxième semaine consécutive des stocks de brut. Ces réserves se sont établies à 526,5 millions de barils au 15 mai, soit une chute de 5,0 millions, selon le rapport hebdomadaire publié de l’EIA.

Une surprise que le marché a bien accueillie pour poursuivre sa réanimation après plusieurs semaines de marasme causé par les mesures sanitaires à l’or noir. Dans sa dynamique positive entamée depuis la fin de semaine dernière, le Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet s’affichait à 35,70 dollars en fin d’après-midi à Londres, en progression de 3,03% par rapport à la clôture de mardi. A New York, le baril américain West Texas Intermediate (WTI) pour juillet, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, gagnait de son côté 4,04%, à 33,25 dollars.
Le recul des stocks américains «apporte une note positive» à la séance, a commenté
Chris Beauchamp, de IG. Les spécialistes interrogés par l’agence Bloomberg tablaient au contraire sur une hausse médiane de 2,15 millions de barils. Outre des réserves en baisse, les Etats-Unis comptent avec un pompage en baisse depuis plusieurs semaines et qui a continué à décliner en s’établissant à 11,5 millions de barils par jour.
Cette baisse de l’offre du premier producteur mondial, combinée à une demande en énergie qui s’est un peu redressée avec l’assouplissement des mesures de restrictions de déplacement en Asie, en Europe ou encore dans certains Etats américains, est favorable aux prix. Depuis, «il est clair que le sentiment a beaucoup changé au cours du dernier mois sur le marché», ont constaté plus tôt dans la journée Warren Patterson et Wenyu Yao, analystes d’ING.
Ce changement puise sa raison d’être dans plusieurs facteurs autres que la réduction de la production et des stocks américains, dont notamment les coupes massives opérées par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires dans le cadre de l’alliance Opep+. L’accord conclu, en ce sens le 12 avril dernier, porte sur une diminution de 9,7 millions de barils par jour pour sa première phase (mai-juin). Mais l’Arabie saoudite, le Koweït et les Emirats arabes unis ont décidé, la semaine dernière, de réduire davantage leurs offres respectives en juin, donnant encore plus de chance au marché d’évoluer à la hausse et de rompre avec la crise dans laquelle l’a plongée la crise sanitaire du coronavirus, à savoir un effondrement de la demande mondiale doublé d’un plein des stocks mondiaux.
D’où la surabondance qui a fait passer aux producteurs un avril noir que l’histoire des transactions énergétiques n’est sans doute pas prête d’oublier, notamment lorsqu’il s’agira d’évoquer un baril de Brent à 15 dollars ou celui du WTI à -40 dollars.