Un panel de l’Opep+, regroupant les pays siégeant au comité conjoint de suivi, ont tenu, hier, des pourparlers en vidéoconférence avant les réunions prévues lundi et mardi prochains. Cette réunion intervient alors que l’entrevue du 17 novembre dernier, réunissant les membres du comité conjoint de suivi, s’est terminée, semble-t-il, sans aucune recommandation soumise à l’examen de la réunion ministérielle de l’Opep de ce lundi, 30 novembre. Il était question d’examiner les données du marché liées à l’état de l’offre et la demande essentiellement aux fins de prendre une décision au sujet du report ou non de l’assouplissement des restrictions sur la production dès janvier 2021.

Les experts mobilisés par l’Opep, qui ont tenu une réunion la semaine dernière, ont conclu que le marché pourrait être à nouveau en surproduction dès janvier si l’Opep et ses partenaires ne renforcent pas leurs mesures actuelles qui portent sur le retrait du marché de 7,7 millions de barils par jour. Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés de l’Opep+ doivent, à cet effet, se retrouver lundi 30 novembre et mardi 1er décembre pour statuer sur l’accord de réduction de la production de brut qui les lie. Selon celui-ci, le retrait actuel du marché de 7,7 millions de barils par jour doit être ramené à 5,8 millions à compter de janvier 2021. Des membres influents dans l’Opep+, à commencer par les deux grosses cylindrées de l’Alliance, l’Arabie saoudite et la Russie, estimaient que la situation actuelle du marché ne plaidait pas en faveur d’un assouplissement des réductions de la production. La réunion d’hier devait préparer les deux prochaines réunions ministérielles ; celle de l’Opep prévue lundi et l’entrevue de l’Opep+ fixée pour le mardi de cette semaine. Prennent part à cette réunion préparatoire les deux ministres de l’Energie de l’Arabie saoudite et de la Russie, Abdelaziz ben Salman et Alexander Novak, ainsi que leurs homologues du comité ministériel conjoint de suivi qui comprend l’Algérie, le Kazakhstan, l’Irak, le Nigeria et les Emirats arabes unis. Cette réunion informelle est destinée à baliser le terrain à une décision très attendue par le marché, à savoir celle de perpétuer la réduction actuelle de la production, à hauteur de 7,7 millions de barils par jour, au-delà de janvier 2021, alors que l’OPEP+ devrait réduire cette coupe à 5,8 millions de barils par jour en application des décisions de la réunion du 12 avril dernier. Celle-ci avait contraint les 23 producteurs de l’Opep+ à réduire leur production globale de 9,7 millions de barils par jour de mai à juillet 2020, de 7,7 millions de barils par jour d’août à décembre 2020 et de 5,8 millions de barils par jour en 2021, dans une tentative d’absorber les surplus du marché et de soutenir les cours. Cependant, depuis peu, des membres de l’Opep+ multipliaient les consultations pour savoir s’il était opportun de lever le pied sur la réduction actuelle de l’offre (7,7 millions de barils) alors que le marché risque de renouer avec la surproduction à l’heure où la demande mondiale recule sous l’effet du choc pandémique qui fragilise l’ensemble des économies. Les observateurs du marché semblent unanimes à dire que la décision d’ajourner l’assouplissement prévu en janvier est acquise, mais la durée de ce report n’est pas encore tranchée par les producteurs. Avec l’affaiblissement de la demande mondiale de brut en raison de la deuxième vague de la pandémie qui affecte les économies occidentales, l’Opep+ envisage de retarder l’augmentation, probablement de trois à six mois. Le groupe devait augmenter sa production de 2 millions de barils par jour en janvier – environ 2% de la consommation mondiale- dans le cadre d’un assouplissement régulier des réductions de l’offre mis en œuvre cette année. Le ministre algérien de l’Energie, qui assure cette année la présidence de l’Opep, a indiqué, jeudi, dans une déclaration à Bloomberg News, que le groupe Opep+ doit rester prudent, car la récente flambée des cours du pétrole à 45 dollars le baril pourrait s’avérer fragile. Une manière à lui d’appeler au renforcement des coupes actuelles dans la production des 23 pays de l’alliance. Cependant, cette volonté de l’Opep+ de prolonger au-delà de décembre les coupes actuelles ne fait pas l’unanimité au sein des producteurs du groupe, puisque l’Irak, le Nigeria et les Emirats arabes unis ont d’ores et déjà fait part de leur volonté de produire davantage de brut. Ce jeudi encore, le président nigérian Muhammadu Buhari a déclaré que son pays devait produire plus de pétrole pour soutenir son économie et construire des infrastructures. Il a exhorté l’Opep à en tenir compte lors du prochain partage des réductions de production de pétrole. Le Nigeria avait déjà demandé au début du mois à l’Opep de réévaluer son quota de production de pétrole. En réponse, l’Algérie, qui occupe actuellement la présidence de l’Opep, a déclaré que toute tentative de modifier les quotas de production pétrolière pourrait conduire à l’effondrement du marché pétrolier. n