Synthèse de Feriel Nourine
En dépit d’une situation sanitaire de plus en plus préoccupante en Chine, les efforts des autorités du pays à rouvrir les frontières semblent plaider en faveur du marché pétrolier, à travers des prévisions de demande mondiale remises sur une tendance haussière.
Ce qui permet aux prix de se maintenir durant les dernières séances d’échange autour des 80 dollars le baril pour le Brent de la mer du Nord contre 75 dollars pour le WTI.
En fin d’après-midi d’hier, la référence de brut européen pour livraison en mars atteignait 80,36 dollars, en hausse de 0,89%, sur l’International Continental Exchange, alors que son équivalente américaine pour livraison en février s’affichait à 75,42 dollars, glanant 1,06%.
«La semaine a commencé par une reprise sur le marché du pétrole», rappellent les analystes d’Energi Danmark, les investisseurs en énergie s’étant concentrés sur les efforts de la Chine pour rouvrir ses frontières. Le marché estime qu’un «relâchement de l’étau se traduira par une augmentation de la consommation de pétrole» avec une reprise des voyages et de la mobilité en général dans le pays, expliquent-ils.
Des «dizaines de millions de touristes chinois (sont désormais) prêts à vivre des aventures nationales et internationales depuis la levée des restrictions sanitaires», affirme Tamas Varga, analyste chez PVM Energy.
La Chine a en effet levé dimanche la quarantaine obligatoire pour les voyageurs en provenance de l’étranger, mettant fin à trois ans d’isolement du pays, et a également rouvert sa frontière avec Hong Kong.
Les investisseurs sont par ailleurs optimistes sur l’état de l’économie américaine, la première au monde, ce qui devrait se traduire par une reprise de la consommation pétrolière.
«Il y a actuellement une confiance croissante dans le fait que l’inflation, en particulier aux États-Unis, peut être maîtrisée sans pousser l’économie en récession», poursuit M. Varga. De son côté, Goldman Sachs table sur un bond des cours qui portera le baril de brut jusqu’à 105 dollars d’ici le quatrième trimestre de l’année en cours.
La banque d’investissement américaine justifie ses prévisions en hausse par une forte croissance de la demande mondiale de pétrole, soit 2,7 millions de barils par jour (bpj) en 2023, alors que le marché redeviendrait déficitaire au second semestre, explique-t-elle dans une note.
Les prix du pétrole ont bondi de 4 % lundi après la réouverture des frontières chinoises le week-end dernier, après presque trois ans. Les acteurs du marché se sont concentrés – au moins pendant une journée – sur de meilleures perspectives de demande de pétrole, plutôt que sur des craintes que des récessions dans les économies développées soient imminentes.
Le mois dernier, la banque a déclaré que la réouverture chinoise pourrait faire grimper les prix du pétrole de 15 dollars le baril, la demande chinoise pouvant augmenter de 1 million de bpj en moyenne entre 2022 et 2023. n