Les cours du pétrole se reprenaient légèrement après leurs pertes de la veille, le marché craignant un resserrement de l’offre difficile à compenser et exacerbé par les coupes de production décidées par l’Opep+. En matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre prenait 0,69% à 90,65 dollars.
Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en novembre gagnait 1,29% à 83,29 dollars. Les prix du pétrole retrouvaient des couleurs, les investisseurs en brut commençant à prendre en compte dans l’équation des «plans de reconstitution des stocks (stratégiques américains), bien que cela soit difficile à communiquer aux marchés sans faire grimper le prix du pétrole», selon Stephen Innes, analyste chez Spi.
Les États-Unis ont annoncé mardi leur intention de puiser et mettre sur le marché 15 millions de barils supplémentaires dans leurs réserves stratégiques pour tenter de soulager les cours de l’or noir, une nouvelle qui avait lesté les cours en début de semaine, mais désormais intégrée dans les prix. Pour reconstituer ses réserves, le gouvernement américain se mettra à racheter du brut lorsque le cours du WTI descendra dans une fourchette comprise entre 67 et 72 dollars, a-t-il fait savoir. Jusqu’à présent cette année, 165 millions de barils ont été puisés dans les réserves stratégiques sur les 180 millions de barils de prélèvements annoncés au printemps pour faire face à la flambée des prix liée à l’invasion de l’Ukraine.
Mais en dehors des États-Unis, «la restriction de l’offre mondiale entraînera une hausse des prix (…) sans baisse proportionnelle de la demande», met en garde Stephen Innes.
Pour les analystes d’UBS, les cours du brut devraient désormais dépasser les 100 dollars le baril «dans les prochains mois», «étant donné que les stocks de pétrole sont à leur plus bas niveau depuis plusieurs années».
Le resserrement de l’offre mondiale est presque certain après la décision récente de l’OPEP+, alliance de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de pays producteurs comme la Russie, de réduire son objectif de production de 2 millions de barils par jour, infligeant ainsi un camouflet à Joe Biden, rappelle Stephen Brennock, analyste chez PVM Energy.
Face à la colère de Washington, les membres de l’OPEP «se relaient pour dire que la décision était unanime et qu’elle n’a en aucun cas été imposée par (l’Arabie saoudite)», le poids lourd de l’Organisation, note l’analyste. Pour M. Brennock, il s’agirait du «moment propice» pour que les producteurs américains pompent davantage de brut.
Mais les analystes s’accordent sur le fait que même s’ils le voulaient, les producteurs de schiste américains ne pourraient pas compenser, notamment en raison de la forte hausse des coûts dans le secteur et du manque de main d’oeuvre.
«L’époque où ils augmentaient leur production lorsque l’OPEP la réduisait est révolue «assène Stephen Brennock. n