Les marchés pétroliers évoluaient dans une tendance baissière, hier, au premier jour de la semaine. Une forte baisse même, provoquée par la propagation du coronavirus hors de Chine, faisant peser la probabilité d’une baisse de la demande de brut dans d’autre pays.
Après avoir très bien rebondi la semaine écoulée pour se rapprocher des 60 dollars, les cours de l’or noir reculaient nettement hier. Dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord valait 56,05 dollars à Londres, en baisse de 4,19% % par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le West Texas Intermediate (WTI) pour le même mois perdait 3,97%, à 51,26 dollars.
La forte baisse en début de séance d’hier met un coup d’arrêt à la progression des deux cours de référence européen et américain, qui était de l’ordre de 2% la semaine dernière et de respectivement 10% et 8% depuis une reprise amorcée le 10 février
Ainsi donc, l’épidémie de Coronavirus continue à mettre à rude épreuve les marchés pétroliers et à inquiéter les pays producteurs dont ceux de l’Opep qui multiplient les initiatives dans l’espoir de sauver ce qui eut être encore sauvé face à des perspectives de marché plutôt sombres.
La remontée des cours, effectuée la semaine dernière par les cours suite au ralentissement de la contamination en Chine, a finalement été stoppée par la propagation du virus dans d’autres pays où des cas de contamination et de décès ont été enregistrés, faisant peser le risque d’un ralentissement encore plus important de l’activité économique et des voyages, impactant une demande de pétrole déjà en surabondance. C’est ce que relève Al Stanton, analyste de RBC. «La propagation du coronavirus dans plusieurs pays hors de Chine pèse sur les marchés», résume-t-il dans ce sens.
L’épidémie de pneumonie virale s’accélérait lundi à travers le globe, avec des bilans en forte hausse de la Corée du Sud à l’Iran qui comptent respectivement le plus grand nombre de cas de contamination et de décès en dehors de Chine. En Europe, l’Italie est devenue ce week-end le premier pays du continent à imposer des mesures de quarantaine dans une dizaine de communes du nord de la péninsule. Le pays recense officiellement lundi un total de 165 cas de contagion, pour quatre décès.
Les acteurs de marché se tournent désormais vers les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés, qui se retrouvent la semaine prochaine à Vienne pour tenter d’apporter une réponse côté offre à la mesure des risques qui pèsent sur la demande. «Il devient de plus en plus nécessaire que l’Opep et ses partenaires réduisent leur production de manière plus importante».
En attendant, le comité technique conjoint Opep-non Opep (JTC) avait, lors d’une première réunion dans la capitale autrichienne, recommandé de prolonger la réduction en cours (17 millions de barils par jour) jusqu’à la fin de 2020 et de procéder à des coupes supplémentaires de 600 000 barils par jour jusqu’à la fin de second trimestre de la même année.
Les recommandations de l’Opep+ attendent toujours la réponse de la Russie qui ne vient pas, alors qu’un autre signal défavorable pour la demande et les cours est venu de la directrice du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina Georgieva, hier. Lors d’une réunion du G20 à Ryad, Mme Georgieva a indiqué que le nouveau coronavirus mettait «en péril» la reprise de l’économie mondiale.F. N.