Par Bouzid Chalabi
Après la forte hausse fin juillet, qui a propulsé le prix du Brent au-dessus de 76 dollars/b, les prix du pétrole ne cessent de reculer en ce mois d’août 2021. Et pour preuve. Ils ont enregistré leur quatrième séance de baisse consécutive hier, mardi, causée par une situation économique moins favorable à la demande de brut, notamment en Chine. A cet effet, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre valait hier 69,96 dollars à Londres (9h25 GMT), en baisse de 0,89% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain de WTI pour le mois de septembre perdait dans le même temps 1,02% à 67,74 dollars.
A propos de la demande en énergie fossile, le Bureau national des statistiques (BNS) explique, dans son dernier rapport de conjoncture, que même si les chiffres de la production industrielle en Chine se sont affichés en juillet dernier en hausse de 6,4%, ce taux reste, cependant, inférieur à celui du mois précédent ainsi qu’aux attentes des analystes. Par ailleurs, les ventes de détail en Chine ont connu, en juillet, leur plus faible progression depuis le début de l’année, une situation liée entre autres à «la propagation de l’épidémie en Chine», selon le BNS. Le pays, qui avait largement maîtrisé l’épidémie de la Covid-19 depuis le printemps 2020, fait face depuis le mois dernier à un regain de contaminations sur son sol porté par la progression du variant Delta, ce à quoi la Chine a imposé au début de ce mois de nouvelles mesures de restriction de déplacement, y compris l’annulation de certains vols et services ferroviaires.
Ces nouvelles mesures ont provoqué une forte baisse du marché pétrolier en début du mois d’août courant, jetant un doute sur la vigueur de la reprise de la demande de pétrole au moment où les pays de l’Opep+ ont décidé d’augmenter leur production de 0,4 mb/j par mois jusqu’à 5,8 mb/j. Toujours est-il que les analystes du marché s’accordent à dire que malgré le défi posé par le variant Delta, l’accélération des campagnes de vaccination dans le monde devrait en limiter l’impact et le retour à la normalisation économique devrait se poursuivre. La publication des indices PMI IHS Markit au début du mois d’août le confirme, avec un indice composite mondial de 55,7 et 60,2 en Europe, soit la plus forte croissance de l’activité dans la zone Euro depuis vingt-et-un ans. Toutes les régions du monde affichent un indice bien supérieur à 50, traduisant une accélération du rythme d’expansion des économies même si l’activité manufacturière commence à souffrir des goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement et de la hausse record des prix d’achat des matières premières (l’indice Bloomberg Commodity, BCOM, a augmenté de plus de 20 % depuis le début de l’année, retrouvant ainsi les niveaux de 2015).
Le brut de l’Opep impacté par les inquiétudes sur la demande
Le panier de l’OPEP, constitué de prix de référence de 13 pétroles bruts, dont le Sahara Blend algérien, s’est établi à moins de 70 dollars, dans un contexte d’inquiétudes sur la demande de brut. Selon les données de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), publiées mardi, «le panier de référence de l’OPEP de treize (13) bruts a reculé à 69,65 dollars le baril lundi, contre 70,90 en fin de la semaine écoulée (vendredi)», alors qu’il échangeait entre 70 et 72 dollars durant les deux premières semaines du mois courant. Pour juillet dernier, le prix moyen du panier de l’Opep (ORB) a augmenté de 1,64 dollars (+2,3%) par rapport au mois de juin, pour s’établir à 73,53 dollars/baril, selon le dernier rapport mensuel de l’Organisation, notant qu’il s’agissait du niveau le plus élevé depuis octobre 2018 pour le panier de l’Opep. Depuis le début de l’année, l’ORB était en hausse de 25,43 dollars (+63,8 % par rapport à la même période l’an dernier), pour une moyenne de 65,27 dollars/baril, avait précisé la même source. Le recul enregistré lors du début de cette troisième semaine de mois d’août intervient dans un contexte de baisse des prix de brut au marché mondial, causée notamment par les inquiétudes sur la demande de pétrole notamment en Chine et la situation sanitaires liée au Coronavirus. Dans son dernier rapport, l’Opep est restée optimiste concernant l’évolution de la demande mondiale de pétrole, estimant que celle-ci devrait encore augmenter de 3,3 Mbj en glissement annuel, inchangé par rapport à l’évaluation du mois dernier. «La demande mondiale globale de pétrole devrait dépasser le seuil des 100 Mbj au 2eme semestre de 2022 et atteindre 99,9 Mbj en moyenne sur l’ensemble de 2022», selon les prévisions de l’Organisation. A noter que les pays de l’Opep avaient décidé fin juillet d’augmenter, dès août, leur production de 400.000 barils par jour chaque mois, jusqu’à l’annulation complète du quota de réduction restant, estimé à 5,8 MBJ. Une nouvelle réunion des pays signataires de la Déclaration de coopération (Doc) est attendue dans deux semaines. n