Par Bouzid Chalabi
Si le blocage du canal de Suez par le porte-containers Ever-Given, depuis le 22 mars, a d’abord contribué à une forte hausse des prix du pétrole (+6 % le 24), l’avancée dans son dégagement s’est traduite, hier lundi, par une petite baisse en attendant de savoir quelle sera l’influence du prochain sommet ministériel de l’Opep+, qui pointe à l’horizon, sur le marché pétrolier.
Il convient de souligner que vendredi dernier, les cours avaient terminé en trombe, gagnant plus de 4% au terme d’une semaine en dents de scie. Mais hier, la tendance baissière a fait son apparition. A ce propos, le Brent ou brut de mer du Nord, pour livraison en mai valait 64,27 dollars à Londres, était en recul de 0,46% par rapport à la clôture de vendredi. Quant au baril américain ou WTI, livrable pour le même mois (mai), il lâchait 0,79% c’est-à-dire régressant à 60,49 dollars.
Pour rappel, le prix spot du Brent était la semaine passée à 62,5 $/b, en recul de 5,5 %. En moyenne hebdomadaire, le cours du Brent ICE (contrat «future» à 1 mois à Londres) est à nouveau orienté à la baisse, s’établissant la semaine passée à 63,2 $/b (-4,2 %). Le cours du WTI (pétrole américain) s’était établi à 60,0 $/b, en recul de 5 %. Il y a lieu de remarquer que le prix spot du Brent a connu de fortes variations, évoluant entre 59,8 $/b et 63,5 $/b. C’était prévisible car les derniers développements sur le dégagement du porte-conteneurs géant Ever Given, qui obstrue le canal de Suez depuis le 22 mars, étaient de nature à lester les cours du brut. Ce qui n’a pas tardé à changer dès lors où une issue positive semblait se dessiner lundi et confirmer l’Autorité du Canal (SCA) attestant que le navire avait été remis à 80% dans la «bonne direction», et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi se félicitant dans la foulée sur Twitter d’une opération de dégagement «réussie». Il s’agit «d’une nouvelle positive pour la majorité des actifs financiers, mais pas pour le pétrole», a expliqué Carlo Alberto de Casa, analyste d’ActivTrades, «les investisseurs étant ainsi moins préoccupés par l’offre» et l’approvisionnement européen en or noir. C’est pourquoi, selon cet analyste, «le baril entame la semaine dans le rouge», avant un sommet ministériel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs dix alliés via l’accord Opep+ jeudi qui concentre les attentions et dont le scénario est incertain pour nombre d’observateurs du marché. En effet, les membres du cartel et leurs alliés doivent décider de l’évolution de leurs coupes de production de pétrole à compter du mois de mai.
Il faut aussi noter qu’outre le blocage du canal de Suez d’autres éléments ont contribué à la tendance haussière du prix du pétrole, la semaine dernière, à l’image de la publication le 24 mars de bons indicateurs économiques pour l’Europe ou des attaques sur les installations pétrolières en Arabie saoudite.