Par Feriel Nourine
Le marché pétrolier affichait des prix en nette hausse, vendredi à la clôture hebdomadaire des séances d’échange.
Portés par la menace de la Russie de réduire sa production dans les prochains jours, à laquelle se sont ajoutées des perturbations liées à un tempête hivernale aux États-Unis, les cours de l’or ont même atteint leurs plus hauts sur les trois dernières semaines. Le baril de Brent de la mer du nord pour février a terminé la semaine à 83,92 dollars, après avoir bondi de 3,63%
Quant au West Texas Intermediate (WTI), pour la même échéance, il a grimpé de 2,67%, s’affichant à 79,56 dollars à la clôture du marché. De nombreux analystes ont attribué cette remontée des prix du brut à la menace lancée par Moscou à propos d’une réduction de son offre, en réaction au plafonnement du prix du pétrole russe récemment décidé par l’Union européenne, le G7 et l’Australie.
Ce plafonnement a été fixé à 60 dollars le baril, suscitant la riposte rapide de la Russie qui a promis de réagir à cette mesure en opérant des coupes dans ses pompages. Une décision jugée de «stupide» par le Kremlin qui détient, faut-il le souligner, des arguments assez solides pour faire regretter, une nouvelle fois, à l’UE et ses alliés leur batterie de sanctions. Vendredi, le vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak, est revenu à la charge, prévenant que son pays pourrait réduire sa production de pétrole de quelques 500-700.000 barils par jour début 2023, en réponse aux nouvelles sanctions visant à le priver d’une partie de ses sources de financement de la guerre en Ukraine.
Le président russe Vladimir Poutine «est un maître de la manipulation et il sait que les prix du pétrole sont un point de fragilité pour l’Occident», ont commenté des analystes.
Les yeux braqués sur la Russie, les opérateurs ont également passé une fin de semaine avec une oreille tendue aux stocks américains et la situation en Chine qui ont participé à la forte remontée des prix dès mercredi et jeudi.
Une réduction beaucoup plus importante que prévu des stocks de pétrole brut aux États-Unis a, en effet, fait grimper les prix du pétrole, remarque-t-on dans la sphère des commentateurs.
Durant la semaine achevée le 16 décembre, les réserves commerciales de pétrole brut aux États-Unis ont diminué de 5,9 millions de barils, alors que les analystes attendaient une hausse de 2,5 millions, selon un consensus établi par l’agence Bloomberg.
Par ailleurs, des nouvelles positives en provenance de Chine ont également fait grimper les prix.
Aucun nouveau mort du Covid-19 n’a été signalé mercredi par la Chine, ravivant l’optimisme des investisseurs sur une reprise de la demande en brut du pays, premier importateur mondial. <