Les deux réunions de l’Opep qui se sont tenues le deuxième semestre de l’année écoulée avec pour leitmotiv de réduire la production afin d’éviter une trop grande chute des prix du baril de pétrole n’ont visiblement pas eu un grand impact sur le marché si ce n’est une éphémère hausse des prix au mois d’octobre dernier, atteignant les 80 dollars le baril.

Le plus haut depuis sa dégringolade entamée en juin 2014. En ce début d’année tout porte à croire que la tendance ne sera pas la hausse compte tenu de nombreux indices notamment les craintes d’un ralentissement économique mondial et d’une surabondance sur le marché de l’or noir. Les cours ont chuté de respectivement de 19,5% et 24,4% l’année écoulée. Mais c’est avec ce constat que la baisse des prix du baril a été particulièrement importante à partir du mois d’octobre, juste après que les prix ont atteint des plus hauts niveaux sur les quatre précédentes années. Concernant les cours actuels, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mars, dont c’était le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, a fini lundi à 53,80 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 59 cents par rapport à la clôture de vendredi. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour février a gagné 8 cents à 45,41 dollars. La chute des prix en 2018 «a été particulièrement rapide et forte», analyse rétrospectivement Mike Lynch de Seer. Elle est due selon cet expert «aux craintes d’un ralentissement économique mondial, une croissance de la production à des niveaux historiquement élevés aux États-Unis, des sanctions moins lourdes que prévues des Américains sur les exportations de pétrole iranien». D’autres observateurs du marché citent d’autres raisons pour justifier l’inquiétude liée à un excès d’offre sur le marché mondial par rapport à la demande. Ils expliquent que ces inquiétudes exacerbées ont fait perdre aux cours du Brent et au West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, plus du tiers de leur valeur rien que depuis le début du mois d’octobre. De plus, fait observer Phil Flynn de Price Futures Group, 2018 a été l’année du tweet dans le sens «où le président Trump a d’abord envoyé les cours à des sommets en quatre ans, avant de tweeter à nouveau et de faire perdre tous leurs gains annuels aux marchés du pétrole», soulignant à ce sujet qu’il s’agit de la première baisse annuelle des cours depuis 2015. «L’insaisissable Donald Trump, après avoir fait miroiter la fin des exportations iraniennes de pétrole, et donc fait bondir les cours lors de la première partie de l’année, a suscité l’effet inverse sur les marchés lorsqu’il a finalement accordé des exemptions à huit pays», expliquera-t-il, ajoutant qu’«il avait auparavant fait pression sur les membres de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) pour qu’ils maintiennent une production élevée, dans le but de faire reculer le prix de l’essence pour les automobilistes américains».
En définitive cette situation, ajoutée à une production américaine record, a généré un sentiment de surabondance de l’offre de brut, au moment où l’économie mondiale montrait des signes d’essoufflement. L’annonce par l’Opep et son partenaire russe d’un recul de 1,2 million de barils par jour de la production en fin d’année n’aura pas suffi à calmer l’hémorragie.
On saura dans les mois à venir sur quoi va reposer la stratégie de l’Opep pour parvenir à mettre fin à la dégringolade des prix du baril de pétrole, voire même de le mettre sur une courbe ascendante. Hier, le ministre de l’Energie des Emirats arabes unis, Suhail al-Mazrouei, a déclaré qu’il restait optimiste quant à la réalisation d’un équilibre de marché au cours du premier trimestre de 2019. Il a affirmé que son point de vue était à la lumière de la réduction de production récemment approuvée par l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) et ses alliés, selon son compte Twitter officiel.n